Le 11 mars 2019 | Mis à jour le 11 mars 2019

Etienne Laurent, un commissaire-priseur spécialisé dans les instruments de musique

par Diane Zorzi

Commissaire-priseur à Vichy, Maître Etienne Laurent organise régulièrement parmi les plus belles ventes d’instruments de musique au monde. En 2017 et 2018, il disperserait ainsi la collection exceptionnelle d’un expert d’archets reconnu mondialement, Bernard Millant. Retour sur le marché atypique des violons et archets dont il a fait sa grande spécialité.

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser dans les ventes d’instruments de musique ?

J’ai repris la spécialité qu’a instituée mon père à la fin des années 1970 alors qu’il était lui-même commissaire-priseur à Vichy. Au fil des années, le marché s’est considérablement développé et nous sommes restés les seuls en France dans ce secteur.

 

Lire aussi | Archets et violons vendus à Vichy : une des plus belles collections au monde

 

Jusqu’à quels prix peuvent se vendre les instruments ?

Ils atteignent parfois des montants très importants. En décembre 2014, nous avons vendu un violon de Joseph Guarnerius à 570 000 euros. Il s’agissait d’un record pour ce luthier qui travaillait à Crémone en Italie autour de 1700, juste à côté de l’atelier de Stradivarius. Six mois plus tard, j’ai adjugé un archet très rare à 115 000 euros. C’était une pièce de François Xavier Tourte, le plus grand maître archetier au monde que l’on surnomme d’ailleurs « le Stradivarius de l’archet ».

 

« Je tombe régulièrement sur des pièces extraordinaires enfouies dans des greniers. »

Etienne Laurent, commissaire-priseur à Vichy

 

Comment expliquez-vous que ce marché se soit autant développé ces vingt dernières années ?

Cette évolution est liée à l’internationalisation des ventes et à l’arrivée de nouveaux acheteurs, notamment coréens et japonais. Les plus grands solistes veulent jouer avec des violons italiens ou allemands et des archets français dont la qualité est mondialement reconnue. Il faut savoir qu’il y a encore trente ans, un archet n’avait quasiment aucune valeur. Les archetiers n’étaient pas reconnus, à tel point qu’au lieu de leur signature, on notait le nom des luthiers pour lesquels ils travaillaient. J’ai trouvé récemment une facture détaillant l’achat d’un violon et d’un archet d’Eugène Sartory, un des grands maîtres archetiers français des années 1900 : l’instrument coûtait 10 000 francs, la boîte 4 000 et l’archet 50. Aujourd’hui, le rapport s’est inversé. Il faut compter environ 15 000 euros pour l’archet, 10 000 pour le violon et une somme dérisoire pour le contenant. De ce fait, tout le monde est susceptible d’avoir de beaux archets chez soi, s’il avait un musicien dans sa famille au début du siècle. Je tombe régulièrement sur des pièces extraordinaires enfouies dans des greniers.

 

Lire aussi | Records mondiaux pour des violons et archets vendus à Vichy

 

Quelles sont vos astuces pour connaître la valeur d’un archet ?

Il faut faire attention à la signature et au métal utilisé pour ce que l’on appelle le bouton qui se situe à l’arrière de l’archet et qui permet de régler la tension du crin. Celui-ci aura plus de valeur s’il est en argent et non en métal argenté. Mais, l’expertise est complexe. Il convient de demander l’avis d’un spécialiste, afin de ne pas passer à côté d’un bel objet.

 

Retrouvez les prochaines ventes d’Etienne Laurent à Vichy

 

Crédit photo © Sébastien Siraudeau

 

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