Le 2 juillet 2024 | Mis à jour le 4 septembre 2024
L’âme bretonne, une vente annuelle pour prendre le pouls du marché
par Magazine des enchères
Deux jours de vacation pour 1 000 lots datés du XVIIIe au XXe siècle : c’est le temps nécessaire pour prendre le pouls de l’âme bretonne. Tour d’horizon de la vente annuelle de la maison Adjug’Art dédiée à la Bretagne et à son patrimoine.
[Mise à jour, 4 septembre] La grande statue en faïence de Mathurin Méheut a trouvé preneur à 25 000 euros (frais inclus) tandis que la plaque en faïence polychrome La Cornouaille bretonne de Robert Micheau-Vernez trouvait preneur à 22 875 euros. L’aquarelle Plougastel-Daoulas, les mariages, Bretagne d’Ernest Guérin a changé de main pour 13 750 euros.
C’est la 21e édition de cette vente consacrée à l’âme bretonne par la maison Adjug’Art, et selon l’expert Didier Gouin, « cette vacation est devenu un baromètre pour l’année dans le monde des collectionneurs d’art populaire, de costumes, de faïences ou de tableaux d’origine bretonne, c’est ici que les cotes se font ». En deux jours, les 5 et 6 juillet, les commissaires-priseurs Yves Cosquéric et Tiphaine Le Grignou disperseront plus de 1 000 lots, des livres et documents jusqu’aux costumes, en passant par les tableaux, faïences, sculptures ou meubles.
L’art breton, du XVIIIe au XXe siècle
La sélection 2024 « est un long fil qui se déroule depuis le XVIIIe siècle, nous suivons les modes, les bouleversements des arts bretons, jusqu’aux dernières années du XXe siècle », appuie l’expert. Il présente cette année de rares pièces XVIIIe, dont un Christ aux liens ou une écuelle en faïence par Pierre Clément Caussy (400 à 600 euros pièce), ainsi qu’un exceptionnel violon par Henry Guihéneuc en faïence traitée en camaïeu de bleu (1 500 à 2 000 euros). « Il est probable que l’on ai pu jouer de ce violon à un mariage par exemple, cet artiste était connu pour ce genre de pièce, il a même essayé de faire une contrebasse en faïence », s’exclame Didier Gouin. Mais dans ce domaine, la période la plus recherchée reste le XXe siècle, et plus spécifiquement les années 1930. Pour preuve, les 8 000 à 12 000 euros d’estimation relevés pour une grande statue en faïence blanche de Mathurin Méheut ou le vase balustre en grès par René Beauclair. Les sujets d’inspiration religieuse ont également des adeptes : 4 000 à 6 000 euros pour une grande Saint Anne des bretons d’Anie Mouroux.
Des arts graphiques aux arts populaires
Les peintures inscrites au catalogues permettent de faire un tour de Bretagne à la fois géographique et historique : des Voiles rouges à Camaret de Charles Cottet (20 000 à 25 000 euros), à la Vue nocturne sur l’Aven d’Emile Jourdan (12 000 à 15 000 euros), en passant par Le port d’Audierne, La Mer qui clapote de René Quillivic (3 000 à 4 000 euros).
Deux objets amusants peuvent illustrer la section art populaire : un épi de faitage nommé « Frédéric », figurant un cavalier à cheval, de la fin du XVIIe siècle en terre cuite (200 à 300 euros), et une cuillère de mariage en buis gravé des années 1830 (200 à 300 euros). Pour ce qui est des costumes, retenons un haut de costume d’homme brodé réplique des années 1930 d’un costume traditionnel du pays bigouden de la fin du XIXe siècle (1 200 à 1 400 euros) : « Les costumes et coiffes sont plutôt un marché de niche, mais nous avons toujours des amateurs, qui sont parfois des professionnels de la mode », souligne l’expert.
La plupart des enchérisseurs de ces ventes, qu’ils soient français ou étrangers ont un lien avec la Bretagne, familial ou personnel, « cette région a toujours été artistiquement riche, avec une identité très forte », conclut David Gouin.
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