Le 22 juillet 2014 | Mis à jour le 23 juillet 2014

Léon Benouville, entre Art nouveau et baroque

par Interencheres


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[Lot du jour] L’Art nouveau n’est pas le monopole de Louis Majorelle ou d’Hector Guimard. A l’aube du XXème siècle et à travers toute l’Europe, beaucoup d’artistes ont participé dans l’ombre des plus grands au renouvellement des arts décoratifs. Léon Benouville (1860 – 1903) fait partie de ces talents à reconsidérer, d’autant plus méconnu qu’il est souvent confondu avec un autre Léon Benouville, son oncle, peintre académique renommé et lauréat du Prix de Rome en 1845.
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La salle à manger mise en vente par Maître Denis Herbette a été réalisée par Léon Benouville l’architecte et se compose d’un buffet, d’une desserte et d’une table. « Ses créations sont flamboyantes et décorées de manière exacerbée. C’est un artiste très baroque », souligne le commissaire-priseur. L’ornementation repose avant tout sur les motifs végétaux. Si du blé, des fougères et des angéliques sont réalisés en marqueterie, technique courant dans l’Art nouveau, la nature se retrouve aussi sur les bronzes appliqués. Les ajouts d’alliage, plutôt rares pour ce style, enrichissent davantage le meuble, à l’image des petites coloquintes finement sculptées qui ont fleuri sur les poignées.
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Le décor naturaliste et les lignes sinueuses en « coup de fouet », à rapprocher de l’Ecole de Nancy, s’accordent dans un mobilier à l’architecture plutôt symétrique. Les pièces de Léon Benouville ne sont pas très éloignées des meubles de Gustave Serrurier-Bovy, l’un des grands représentants de l’Art nouveau belge. La table à manger mise en vente, plus épurée (sans bronze ni marqueterie) et plus géométrique que le buffet et le cabinet, tient la comparaison à cette tendance plus abstraite de l’Art nouveau pratiqué à Bruxelles.
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L’ensemble a été acheté à Paris vers 1900 directement auprès de l’artiste. Les trois pièces dessinent un étonnant éventail baroque de plusieurs idées classiques de l’Art nouveau. « Un mélange de styles qui plaît généralement aux collectionneurs anglais », précise le commissaire-priseur. L’ensemble, raisonnablement estimé entre 10 000 et 15 000 euros, pourra intéresser les collectionneurs d’Outre-Manche. Il sera mis aux enchères le dimanche 27 juillet 2014 à Doullens.
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Lien vers l’annonce

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