Le 14 décembre 2020 | Mis à jour le 14 décembre 2020

Les estampes, un moyen idéal de s’offrir des œuvres de maîtres à un prix abordable

par Clémentine Pomeau-Peyre

Cette année n’a pas été de tout repos… Pour la terminer sur une note positive, quoi de mieux que de s’offrir une œuvre d’art ? Et même une pièce de maître ? Sur le marché des estampes, tout est possible !

 

« Pour des budgets entre 200 et 1 000 euros environ, vous pouvez acquérir une estampe par Daumier, Delacroix ou Corot, si vous êtes amateurs du XIXe siècle », encourage Hélène Bonafous-Murat, qui souligne la modernité de Daumier, caricaturiste particulièrement virulent de son époque…  Experte de la vente Ader des 15 et 16 décembre prochains, elle ajoute : « ce qui est aussi très plaisant à mettre sur un mur, ce sont les artiste Nabis tels que Bonnard, Denis ou Dufy ». Dans la vente figurent notamment Les Baigneuses, pointe sèche par Henri Fantin-Latour (300-400 euros), ou un bois gravé de Raoul Dufy (150-180 euros). 

 

Henri Fantin-Latour (1836-1904). Baigneuses (4e grande pl.). 1897-1898. Autographie. 390 x 310. Estimation : 300-400 euros.

 

Des estampes de maîtres anciens dès 200 euros

Sa minutieuse sélection (elle reçoit des milliers d’épreuves à examiner chaque année) permet également de découvrir des estampes plus anciennes, dont une intéressante eau-forte d’Abraham Bosse (1602-1676) représentant une maîtresse d’école : « ce qui est original, c’est qu’elle représente une scène d’éducation de filles, elle a un intérêt historique, même si sa valeur, estimée entre 200 et 300 euros, reste modeste ». Idem pour l’estampe représentant la Veuve d’un chef indien par Joseph Wright of Derby (1734-1797), estimée entre 300 et 400 euros, et qui devrait séduire tous ceux qui s’intéressent aux native americans.

 

Joseph Wright of Derby (1734-1797) (d’après). The Widow of an Indian Chief Watching the Arms of Her Deceased Husband (La Veuve d un chef indien veillant les armes de son mari défunt). 1789. Manière noire par J. R. Smith. 558 x 455. Impression en brun bistré. Belle et rare épreuve sur vergé. Estimation : 300-400 euros.


« Dans les estampes anciennes, XVIIe ou XVIIIe, on fait une sélection autour du thème, en évitant les scènes galantes par exemple, qui n’intéressent plus personne, et sur l’état de conservation, qui ne peut être parfait » ajoute l’experte, « c’est tout à fait différent pour les estampes du XXe siècle, qui doivent avoir un état irréprochable, et une origine la plus fiable possible ». Trois vernis mous et aquatinte par Mary Cassat, avec des sujets autour de la maternité, et provenant de la collection Ambroise Vollard, sont ainsi estimées entre 4 000 et 8 000 euros pièce. Et un bel ensemble de Picasso, également issu de la collection Vollard (par l’intermédiaire de la succession Petiet) figure dans la vente.

 

Pablo Picasso (1881-1973). Suite Vollard. Au Minotaure, buveur et femmes. (Suite Vollard, pl. 92). 1933. Eau-forte. 365 x 298. Estimation : 3 000 – 4 000 euros.

 

Des lithographies de maîtres de l’art moderne dès 100 euros

Une nouvelle clientèle, plus jeune, semble aujourd’hui se diriger vers les pièces les plus colorées, les plus décoratives, qu’il s’agisse d’estampes de Matisse, de Picasso ou de Sonia Delaunay. La lithographie Automne de Sonia Delaunay, dans la vente Ader, cumule toutes ces qualités : une belle et fraîche épreuve, un grand format, et un nom, ce qui justifie son estimation de 6 000 à 8 000 euros. Tout comme la Danseuse de corde accompagnée de son ombre, lithographie de Man Ray, estimée 800 à 1 000 euros. 

 

Sonia Delaunay-Terk (1885-1979). Automne. Vers 1965. Lithographie. 657 x 910. Impression en couleurs. Estimation : 6 000 – 8 000 euros.

 

Le XXe siècle, c’est aussi le thème de la vente du 17 décembre chez Bremens Belleville, avec une sélection de 184 pièces issues de trois collections différentes. « Elles se complètent parfaitement, nous pourrions faire un cours d’Histoire de l’Art du XXe siècle à partir de ces trois collections », s’enthousiasme l’expert Damien Voutay. Figurent en effet dans la vente des estampes figuratives, de la main de Bernard Buffet ou Léonor Fini, des pièces surréalistes par André Masson ou Hans Bellmer, ainsi que des œuvres abstraites par Jean Gorin. Parmi les œuvres phares, une gravure de Juan Miró (1 500-2 000 euros), une lithographie de Sonia Delaunay (600-800 euros), et une autre titrée Les Animaux de la Montage par François Xavier Lalanne (400 -600 euros). L’expert souligne également la présence d’artistes plus pointus, parfois méconnus en France, mais qui acquièrent une notoriété grandissante dans leur pays d’origine :  « Jules Perahim, artiste roumain dont les œuvres sont estimées à moins de 150 euros ou Kim En Joong, un coréen qui est à la fois artiste et moine, accessible autour de 80 euros »

 

Juan Miró (1893-1983). Troisième planche de la suite Gravures pour une Exposition, 1973. Eau forte et aquatinte, signée en bas à droite, justifiée 27/75 en bas à gauche. Estimation : 1 500-2 000 euros.

 

Parmi les autres ventes d’estampes, signalons également celle de l’étude Aymard et Debussy, le 18 décembre, qui présente notamment des lithographies de Bernard Buffet (800 à 1 500 euros), une héliogravure de Kees Van Dongen (400-500 euros), ou une Tête de jeune fille par Foujita (400-500 euros).

 

Kees Van Dongen (1877-1968). Femme nue en buste – 1925. Héliogravure en noir sur papier portant le filigrane d’Ambroise Vollard. 65 x 50 cm. Estimation : 400-500 euros.

 

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