Le 23 février 2017 | Mis à jour le 3 août 2018

Les trois coups de marteau de la semaine

par Interencheres

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Un pilon tahitien adjugé à 16 500 euros, la tapisserie d’un moine bénédictin à 49 000 euros et 21 000 euros pour la dernière lubie photographique des milliardaires chinois, retour sur trois beaux résultats enregistrés le 18 février 2017 (les prix sont indiqués hors frais).


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16 500 euros en Live pour un souvenir d’une expédition ethnologique

Tous les amoureux de l’art océanien, des spécialistes aux conservateurs en passant par les collectionneurs du monde entier avaient les yeux rivés sur l’hôtel des ventes Giraudeau de Tours, samedi 18 février 2017. Maîtres Bertrand Jabot et Rémi Gauthier dispersaient plus de 30 souvenirs de « la Korrigane », la goélette qui sillonna les mers du Sud entre 1934 et 1936 dans le but de ramener des œuvres d’art et des objets populaires pour le musée d’Ethnographie du Trocadéro, l’actuel musée de l’Homme à Paris. La grande majorité des 2 500 souvenirs ramenés lors de cette expédition se trouvent aujourd’hui au musée du Quai Branly ou dans des collections privées. Les 34 pièces présentées à Tours avaient été acquises en 1961 à l’occasion d’une vente aux enchères dirigée par le célèbre commissaire-priseur Maurice Rheims.
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Lances et arc en bois des Îles Salomon, pendentifs des Fidji, statuettes indonésiennes, appui-têtes sculptés de Nouvelle Guinée, chacun des lots proposés à la vente de Tours a été largement soutenu par des enchères en salle, sur le Live et au téléphone. Près de 95 % des lots de cette collection a trouvé preneur pour un total de plus de 64 000 euros. Et la plus importante adjudication de cet ensemble s’élève à 16 500 euros sur Internet pour un pilon « Ké atuki » de Tahiti en basalte datant du XVIIIe siècle.
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49 000 euros pour la tapisserie d’un moine bénédictin !

113724_c03ec6dbd71e50b36a85a9d5a6c27fd1Les couleurs éclatantes et le décor bucolique de la tapisserie de Dom Robert (1907-1997) ont séduit les enchérisseurs au-delà des espérances. Adjugée à 49 000 euros par Maître Philippe Amigues le samedi 18 février 2017 à l’Hôtel des ventes du Tarn à Albi, elle a dépassé de deux fois son estimation haute fixée à 20 000 euros et s’impose parmi les plus belles adjudications de cet artiste moine bénédictin dont l’univers inspire l’allégresse.

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« Ce beau résultat s’explique par la rareté, explique le commissaire-priseur. Dom Robert est un artiste qui a produit très peu ». Prêtre à l’abbaye d’En-Calcat dans le Tarn, Dom Robert, né Guy de Chaunac-Lanzac, est remarqué par Jean Lurçat en 1941 qui s’émerveille devant ses natures chamarrées et luxuriantes, peuplées d’animaux. Une rencontre qui conduira le religieux à entamer une collaboration avec la tapisserie d’Aubusson. « L’œuvre a été tissée par cette manufacture en 1977 sur commandeLes propriétaires souhaitaient que l’artiste reprenne son œuvre Une de mai de 1974 et qu’il représente leur propre chien à la place du chat. » Une œuvre personnelle dont la qualité des couleurs, la fraîcheur et la poésie n’ont pas laissé les enchérisseurs français indifférents, venus nombreux pour l’occasion. La vente s’est soldée par un duel tenace en salle et au téléphone et c’est finalement ce dernier qui a remporté l’enchère.

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21 000 euros pour la dernière lubie photo des milliardaires chinois

21 000 euros pour un lot de 8 objectifs photo estimé à moins de 100 euros, 16 000 euros pour deux autres modèles d’objectifs estimés entre 100 et 200 euros, 7 000 euros pour un troisième ensemble du même acabit, dont l’estimation était de 100 à 150 euros ; la vente d’appareils photos et d’accessoires organisée par la Galerie de Chartres samedi 18 février 2017 a réservé bien des surprises ! « Il s’agissait de la dispersion d’une collection amassée dans l’Entre-deux-guerres, entre 1940 et 1960, une période particulièrement appréciée des collectionneurs », explique Maître Pascal Maiche. Mais l’engouement pour ces objectifs photos s’explique par une autre tendance du marché : la nouvelle fantaisie de riches acheteurs chinois qui recherchent d’anciens systèmes optiques pour les remonter sur des appareils photo numériques.
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« La tendance est très récente, nous l’observons depuis un an voire deux maximum, détaille le commissaire priseur. La qualité des objectifs semble être un prérequis important et en ce sens les modèles français et allemands, considérés comme les meilleurs, s’avèrent particulièrement recherchés. Mais il est impossible de savoir quels sont les modèles, les années de fabrication, les marques qui attirent ces acheteurs chinois tant leurs choix varient et nous étonnent ! » Pour Maître Maiche, cette nouvelle mode s’apparente donc plus à « l’épiphénomène d’un micromarché », résultant d’une éphémère lubie de milliardaires, qu’à une évolution durable du marché.

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