Le 27 novembre 2014 | Mis à jour le 27 novembre 2014

Portraits de la réussite nantaise du XVIIIe siècle

par Interencheres

[Lot du jour] Malgré son orthographe peut-être un peu complexe, aucun nantais n’aura de mal à prononcer le terme de « Deurbroucq ». Et pour cause, l’un des plus beaux monuments de leur ville porte ce nom. Mardi 2 décembre 2014, les habitants de Nantes redécouvriront une partie de leur paysage urbain à travers le double portrait des époux Deurbroucq, qui avaient commandité l’édification en 1764 du bel hôtel particulier éponyme. Situé sur l’ancien quai de l’Ile-Gloriette, il est le symbole de la prospérité de ce couple originaire de Gand qui fit fortune dans le commerce maritime. Leur double portrait est aujourd’hui mis en aux enchères par la maison Couton Veyrac & Jamault depuis Nantes, et sur le Live d’Interencheres, pour une estimation oscillant entre 30 000 et 40 000 euros.

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De style néo-classique, classé monument historique et abritant aujourd’hui le CHU et le tribunal administratif, la construction de l’hôtel particulier représente l’aboutissement logique de la carrière d’armateur de Dominique Deurbroucq. S’inscrivant dans la même optique, son portrait tend à glorifier la réussite sociale de sa famille, l’une des plus importantes de la fin du XVIIIe siècle nantais. Tous les éléments sont ainsi réunis pour exhiber la richesse du couple : la figuration des domestiques, la représentation du mobilier d’apparat et le raffinement des vêtements en sont des exemples probants. Deux motifs en particulier, tous deux présents sur le portrait de l’épouse Deurbroucq, retiennent notre attention : le perroquet gris du Gabon et la tasse de chocolat. Le premier, figuré perché sur le fauteuil, est un signe d’exotisme très apprécié, témoin des nombreux voyages que le couple est en mesure d’effectuer autour du globe. Le second, que Madame s’apprête à déguster, est un produit d’importation très coûteux à l’époque, une denrée rare du XVIIIe siècle que seules la famille royale et les grandes lignées mondaines peuvent se permettre d’obtenir.

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Réalisé par le peintre Pierre-Bernard Morlot (1716-1784), actif à Dijon et Lunéville, « ce double portrait bénéficie par ailleurs d’un historique complet jusqu’au propriétaire actuel qui en a hérité dans les années 1960. Appartenant à la catégorie dite « de la grande décoration » qui mêle un aspect décoratif et historique, c’est ce caractère historique que les collectionneurs avisés retiendront », confie Maître Bertrand Couton. Ces deux huiles sur toile de 144,5 par 112,5 cm, exemple-type de la famille fortunée, incarnent donc le véritable manifeste de la réussite sociale et professionnelle du couple Deurbroucq. Ces portraits furent longtemps conservés au château de Jarzé en Anjou, où résidait le fils du couple. Mardi 2 décembre, ils retrouveront leur ville natale pour être mis aux enchères par la maison Couton Veyrac & Jamault.

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Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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