Le 29 mai 2014 | Mis à jour le 28 mai 2014

Rodin, les enfants et la mystérieuse madame Martin

par Interencheres

[Le lot du jour] L’enfance est un thème relativement rare dans l’œuvre d’Auguste Rodin (1840-1917). Le sculpteur commence à s’intéresser à cette thématique après un voyage en Belgique dans les années 1880. Sa participation à la création du décor de la Bourse bruxelloise, en collaboration avec le sculpteur Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887), lui aura sans doute donné le goût pour ce sujet, puisque la frise est ornée de Putti et autres nourrissons joufflus et dodus.
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De retour en France, Rodin réalise plusieurs sculptures d’enfants. Celles-ci connurent un tel succès que la plupart ont ensuite été réalisées en marbre. Les petits sont généralement représentés en train de jouer ou de s’enlacer, comme sur ce modèle proposé aux enchères vendredi  6 juin 2014 à Paris par la maison Chayette & Cheval. « Ce bronze de35,5 centimètres de haut à patine brune nuancée présente la signature d’Auguste Rodin et celle du fondeur Alexis Rudier, ce qui prouve qu’il a été fondu du vivant de l’artiste », précise Charlotte Van Gaver, commissaire-priseur.
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Le bronze sera proposé à la vente avec deux lettres manuscrites. Un mot de Léonce Bénédite, premier conservateur du musée Rodin et exécuteur testamentaire du sculpteur certifiant la paternité de ces enfants. Et une lettre de Rodin lui-même, datée de 1916, dans laquelle il précise avoir remis ce groupe « à madame Martin, ma secrétaire ». « Madame Martin s’appelait en réalité Marcelle Tirel. Ses proches l’appelaient ainsi en raison de sa relation avec l’artiste Maurice Martin, qui n’a jamais voulu l’épouser », raconte Maître Van Gaver. Marcelle fit la connaissance de Rodin en 1906, chez la Duchesse de Choiseul, maîtresse et muse de l’artiste. Madame Martin devint alors la confidente et la secrétaire du sculpteur jusqu’à sa mort en 1917.
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Notre groupe d’enfants est toujours resté dans la famille de madame Martin. Présenté pour la première fois sur le marché, il est estimé de 40 000 à 60 000 euros. Une estimation raisonnable pour une œuvre de cette qualité, dont il n’existe que deux réalisations en bronze. La deuxième sculpture étant conservée à l’Art Institute de Chicago.

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Lien vers l’annonce de vente du lot

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Pour voir la sculpture en trois dimensions, cliquez sur ce lien

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