Le 27 mars 2019 | Mis à jour le 4 avril 2019

Salon du dessin 2019 : les 10 œuvres incontournables

par Alexandre Lafore

Jusqu’au lundi 1er avril, les amateurs du monde entier se donnent rendez-vous au Palais Brongniart où se tient la 28e édition du Salon du dessin : cette manifestation, initiée par quelques marchands français, a su devenir un événement international incontournable, fédérant nombre d’initiatives venant du monde des musées comme du marché de l’art. Petit voyage parmi les plus belles feuilles…

 

1. Un autoportrait d’Antonio Mancini

Sur le stand de la galerie new-yorkaise Pandora Old Masters, le visiteur fait face à cette extraordinaire effigie du peintre italien Antonio Mancini (1852-1930), aussi puissante que bouleversante. Avec sa facture rapide, cette œuvre inachevée témoigne de la maîtrise de l’artiste qui a tant regardé Caravage et la peinture napolitaine du XVIIe siècle.

 

Antonio Mancini (Rome, 1852 – Rome, 1930), Autoportrait. Vers 1880. Huile sur carton. Signé à droite. 378 x 280 mm. Pandora Old Masters.

 

2. Une sanguine de Jean Jouvenet

Issue de la collection Jacques Malatier, dispersée l’an dernier à Paris, cette superbe sanguine de Jean Jouvenet (1644-1717), présentée par W.M. Brady & Co. est liée à son immense Déposition de Croix réalisée en 1697 pour une église parisienne, qui remporta un tel succès qu’elle sera déposée à l’Académie royale de peinture et de sculpture au milieu du XVIIIe siècle et exposée au Louvre qu’elle n’a jamais quitté depuis.

 

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Jean Jouvenet (Rouen, 1644 – Paris, 1717), Double académie d’hommes. Sanguine. 397 x 275 mm. W. M. Brady & Co.

 

3. Un intérieur d’atelier d’Auguste-Xavier Leprince

Antoine Cahen et Gabriel Terrades proposent au Salon cette ravissante petite huile d’Auguste-Xavier Leprince (1799-1826) qui nous plonge au cœur d’un atelier d’artistes où travaillent cinq dessinateurs et trois peintres. Tous regardent vers la gauche, où pose très certainement un modèle nu. L’œuvre aurait pu tenir lieu d’affiche pour la foire, où elle s’est presque immédiatement vendue.

 

Auguste-Xavier Leprince (Paris, 1799 – Nice, 1826), Intérieur d’un atelier de peintres. 1820. Huile sur papier marouflée sur carton. Signé et daté. 255 x 345 mm. Galerie Terrades.

 


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4. Deux gouaches de Filippo Lauri

Ces deux gouaches, toujours conservées dans leurs cadres d’origine, se détachent naturellement sur le stand du marchand parisien Antoine Tarantino, largement dédié au dessin italien ancien. Inédits et mal attribués, les deux précieux vélins à sujet mythologique ont pu être rendus au jeune Filippo Lauri (1626-1694), collaborateur de Pierre de Cortone, avec des paysages probablement exécutés par Gaspard Dughet (1615-1675).

 

Filippo Lauri (Rome, 1623 – 1694) [figures] et Attr. A Gaspard Dughet (Rome, 1615 – 1675) [paysage], Le Repos de Diane. Gouache et rehauts d’or sur vélin. 250 x 490 mm. Galerie Antoine Tarantino.

Filippo Lauri (Rome, 1623 – 1694) [figures] et Attr. A Gaspard Dughet (Rome, 1615 – 1675) [paysage], Le Réveil de Diane. Gouache et rehauts d’or sur vélin. 250 x 490 mm. Galerie Antoine Tarantino.

 

5. Un portrait de Félicien Rops par Paul Steck

Pour sa première participation au Salon du Dessin, la galerie Lancz a choisi de montrer un des plus attachants artistes belges, Félicien Rops, dont elle propose bien sûr un superbe dessin mais aussi ce très beau portrait par Paul Steck (1886-1924). Finement rehaussé de gouache, il fut gravé et publié à la fin du XIXe siècle.

 

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Paul Steck (Troyes, 1886 – 1924), Félicien Rops dans son atelier. Lavis, graphite, encre de Chine, gouache et aquarelle sur papier. Signé, daté et dédicacé. 1891. Lancz Gallery

 

6. Un pastel de Charles Antoine Coypel

C’est sans doute le dessin le plus remarqué de cette édition 2019 : le grand autoportrait au pastel de Charles Antoine Coypel (1694-1752), premier peintre du Roi, trône sur le stand de la galerie De Bayser quelques mois après sa redécouverte sur le marché français.

 

Charles Antoine Coypel (Paris, 1694 – 1752), Pastel. 64 x 53 cm. Galerie De Bayser.

 

7. Deux études d’Eustache Le Sueur

Ces deux études reliées aux principales figures du carton de tapisserie d’Eustache Le Sueur (1616-1655) montrant Saint Gervais et Saint Protais amenés devant Astasius, conservé au Louvre, attiraient tous les regards sur le stand de la galerie Marty de Cambiaire, récemment associée au marchand londonien Jean-Luc Baroni. Elles y ont très rapidement été réservées pour une grande institution d’outre-Atlantique.

Eustache Le Sueur (Paris, 1616 – 1655), Etude de tête, préparatoires à saint Gervais et saint Protais. Pierre noire, sanguine, rehauts de blanc et pastel jaune. 195 x 146 mm. Jean-Luc Baroni et Marty de Cambiaire.

Eustache Le Sueur (Paris, 1616 – 1655), Etude de tête, préparatoires à saint Gervais et saint Protais. Pierre noire, sanguine, rehauts de blanc et pastel jaune. 195 x 146 mm. Jean-Luc Baroni et Marty de Cambiaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Un dessin de Jacques-André Portail

Immédiatement cédé sur le stand de la galerie Talabardon & Gautier, ce très séduisant dessin de Jacques-André Portail (1695-1759) nous montre très certainement le directeur des Bâtiments du Roi Lenormant de Tournehem et l’architecte Ange-Jacques Gabriel en train de surveiller un chantier à Versailles au milieu du XVIIIe siècle.

 

Jacques-André Portail (Brest, 1695 – Versailles, 1759) Travaux dans la cour de l’hôtel de la Surintendance à Versailles. Pierre noire, aquarelle, rehauts de gouache, plume et encre de Chine sur papier. 286 x 370 mm. Galerie Talabardon et Gautier.

 

9. Un portrait de Jean Vignaud

C’est en dandy que Jean Vignaud (1775-1826) nous montre Louis de Costebelle posant au sein du palais des Tuileries au début du XIXe siècle. Issu d’une famille prestigieuse, promis à un très bel avenir, le modèle mourut prématurément en 1815, mais ce superbe dessin proposé par la galerie Aaron au palais Brongniart immortalise son élégante jeunesse.

 

Jean Vignaud (Beaucaire, 1775 – Nîmes, 1826) Portrait de Louis Casimir de Pastour de Costebelle dans le vestibule d’honneur du Palais des Tuileres, mine de plomb sur papier, 315 x 230 mm, Galerie Didier Aaron.

 

10. Un projet de Charles de Wailly

Rien à vendre mais que de merveilles dans l’espace réservé aux dessins du musée Carnavalet : on y admire tout particulièrement ce somptueux dessin de Charles de Wailly (1730-1798) pour l’église Saint-Sulpice, récemment victime d’un incendie. Le duc d’Aiguillon y finança la nouvelle chaire néoclassique, exécutée à la toute fin du XVIIIe siècle et miraculeusement toujours en place.

 

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Charles de Wailly (Paris, 1730 – 1798), Projet pour la chaire de l’église Saint-Sulpice, 1788, plume et encre noire, lavis d’encre sur papier, Paris, musée Carnavalet.

 

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Crédits photos © Alexandre Lafore

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