Le 21 juillet 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Takanori Oguiss, un peintre japonais à Paris

par Renaud Hebert

Sensible au charme pittoresque parisien, Takanori Oguiss s’est illustré à travers ses vues de la capitale où il s’établit durant l’entre-deux-guerres. Le 24 juillet à Vannes, Jack-Philippe Ruellan présentera aux enchères une représentation des quais animés du canal Saint-Martin, témoignant de la virtuosité avec laquelle le peintre japonais sut saisir l’atmosphère urbaine. 

 

S’il grandit au Japon et se forme à l’Ecole des Beaux-Arts de Tokyo, Takanori Oguiss (1901-1986) réalise l’essentiel de sa production en France. A l’instar de ses compatriotes Foujita ou Sadami Yokote, Oguiss s’installe à Paris en 1927 et fréquente les cercles artistiques, de la Butte Montmartre au quartier de Montparnasse. Comme Maurice Utrillo dont il admire le travail, Takanori Oguiss dépeint des scènes pittoresques, saisissant la vie parisienne au détour d’une ruelle ou devant les étals d’une échoppe. Prolifique, le peintre a réalisé de nombreuses vues de Paris ou de sa banlieue. L’une d’entre elles sera dévoilée aux enchères par Jack-Philippe Ruellan le 24 juillet à Vannes, à l’occasion d’une vente « Summertime » de prestige.

 

Une vue des quais animés du canal Saint-Martin

Le tableau arbore une vue du canal Saint-Martin avec ses quais où s’affairent des ouvriers vêtus de leur bleu de travail. Bateaux, lampadaires et façades d’immeubles apparaissent sous la touche vive et précise du peintre japonais. Takanori Oguiss saisit avec virtuosité les subtils reflets des immeubles alentours qui se dessinent sur l’eau paisible du canal. Au gré de ses voyages en Europe, d’Amsterdam à Venise, le peintre use des mêmes codes de représentation, livrant notamment une vue similaire du canal de Venise où les gondoles ont remplacé les péniches. Mais c’est à Paris, où il s’établit définitivement à partir de 1948, qu’Oguiss trouve son terrain d’expression favori. Il publie Les Nouvelles de Paris en 1951, écrites et illustrées par ses soins, et Cinquante ans de ma vie artistique à Paris en 1981, un ouvrage dans lequel il retrace ses flâneries dans les rues de la capitale. A Paris, il expose au Salon d’Automne de 1928 et au Salon des Indépendants de 1929, et jouit de son vivant d’une renommée à l’international, ses œuvres voyageant jusqu’à Londres et Tokyo. Des rétrospectives lui sont également consacrées aux musées de Tokyo et Kyoto, et en France au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis. Son atelier de la Butte Montmartre a même été reconstitué à Inazawa, sa ville de naissance.

 

Takanori OGUISS (1901-1986), « Canal Saint-Martin, les quais animés », huile sur toile signée en bas à droite, 55 x 65 cm. Estimation : 40 000 – 50 000 euros. 

Un tableau estimé à plus de 40 000 euros

Sur le marché, les vues parisiennes de Takanori Oguiss sont les plus recherchées, ainsi qu’en témoigne le record établi en 1990 à Paris avec une vue de la capitale adjugée 579 310 euros (hors frais). Plus récemment, Un Bistrot de l’Ile de France a été cédé pour 57 000 euros en 2018 à Limoges et une Ecluse du Canal Saint-Martin a trouvé preneur à 45 882 euros le 10 juillet dernier à Tokyo. Le tableau qui sera présenté aux enchères est quant à lui estimé entre 40 000 et 50 000 euros. Il fut acquis par les propriétaires directement auprès de l’artiste. Une provenance exceptionnelle qui devrait attirer de nombreux amateurs.

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