Aucune œuvre ni objet d’art vendu en-dessous de deux millions d’euros ne figure dans le top 10 de cette année. En tête du classement, David contemplant la tête de Goliath de Guido Reni a été adjugé à plus de 12 millions d’euros à Paris. Retour en images sur les dix plus belles adjudications enregistrées en 2025 par les maisons de vente adhérentes d’Interencheres.
1. Une peinture de Guido Reni adjugée 12,386 millions d’euros
L’année 2025 fut celle des redécouvertes dans l’œuvre de Guido Reni (1575-1642). Après la mise au jour d’un Atalante et Hippomène dans les réserves du musée de Libourne, puis l’authentification d’une version de David contemplant la tête de Goliath, dite de La Vrillière, la tête de Goliath tournée vers David, au musée des Beaux-Arts d’Orléans, une troisième toile est apparue sur le marché. Cette version de David contemplant la tête de Goliath, dite de Créquy, la tête de Goliath tournée à l’opposé de David, expertisée par le cabinet Turquin, a été vendue par Artcurial le 25 novembre.
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2. Un portrait familial de Jean-François de Troy adjugé 4,067 millions d’euros
Chef-d’œuvre du peintre parisien Jean-François de Troy (1679-1752), ce portrait d’une famille aristocratique du XVIIIe siècle, intitulé Portrait de Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny, de son père, de son mari Jean-Hyacinthe Hocquart, seigneur de Montfermeil, et de leur fils Jean-Hyacinthe-Emmanuel Hocquart, futur marquis de Montfermeil (1736), était proposé à la vente le 25 novembre par Artcurial. Riche en détails, la toile offre de précieuses informations sur la mode de l’époque, notamment à travers l’extraordinaire robe à la française en lampas aux motifs rouges, bleus et dorés portée par Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny. Celle-ci semble captiver son mari qui, en détournant son regard du peintre, ne peut probablement s’empêcher de l’admirer.

3. Une étude sur papier de Daniele da Volterra adjugée 4,104 millions d’euros
Allant bien au-delà de son estimation (400 000 euros – 500 000 euros), cette Étude de tête de jeune homme tournée vers la droite, préparatoire à l’apôtre au centre de l’Assomption de la Vierge de la Trinité-des-Monts a établi un record mondial pour l’artiste. Connu du grand public pour avoir recouvert les parties intimes de la fresque de son ami Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, Daniele da Volterra (1509-1566) a également réalisé d’importantes œuvres du maniérisme italien, comme l’Assomption de la Vierge à la Trinité-des-Monts à Rome en 1545, pour laquelle ce dessin préparatoire, vendu le 19 novembre chez Millon, fut très certainement réalisé.

4. Une paire de chimères en bronze de l’époque Qianlong adjugée 4,065 millions d’euros
Acquise au XXᵉ siècle par le courtier allemand Rudolf Münemann, cette paire de chimères en bronze massif de la période Qianlong a été vendue lors d’une vacation de Bonhams Cornette de Saint Cyr le 11 juin. Particulièrement expressives, ces figures symboles de pouvoir, proches de lions mythiques, s’inspirent de modèles en pierre datant de la période des Six Dynasties (265-589 apr. J.-C.), eux-mêmes héritiers d’une tradition sculpturale remontant à la dynastie Han orientale (25-220 apr. J.-C.).

5. Une sculpture en bronze de Camille Claudel adjugée 3,663 millions d’euros
Découvert fortuitement lors d’un inventaire par le commissaire-priseur orléanais Matthieu Semont, ce bronze exceptionnel de Camille Claudel (1864-1943), dont les historiens avaient perdu la trace depuis 1908, a été vendu par Philocale le 16 février à Orléans. La sculpture a tenu toutes ses promesses, obtenant le deuxième meilleur résultat mondial pour une œuvre de cette sculptrice au destin tragique, collaboratrice et muse d’Auguste Rodin.
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6. Une toile de Zao Wou-Ki adjugée 3,522 millions d’euros
Issue de la collection de l’homme d’affaires Philippe Dennery, Ville verte (mai 1952) de Zao Wou-Ki (1920-2013) a été vendue le 6 juin chez Artcurial. Ce grand format constitue un jalon important dans l’œuvre de l’artiste. Située à la lisière de l’abstraction, la toile laisse encore apparaître des formes évoquant des édifices et des vaisseaux, annonçant la bascule définitive de Zao Wou-Ki vers l’abstraction deux ans plus tard.

7. Une scène de moisson de Pieter Brueghel le Jeune adjugée 2,902 millions d’euros
Le 30 avril, La Moisson ou Allégorie de l’Été de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638) a été vendue par Artcurial. Inspirée d’une gravure de son père, Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569), intitulée L’Été (1568), la scène représente des paysans en pleine moisson. Tandis que certains s’emploient à faucher un vaste champ de blé, d’autres ramassent les épis tombés ou reprennent des forces en buvant à même le pichet. Lors de cette même vente, une autre huile sur panneau, La Prédication de saint Jean-Baptiste (1620), a également trouvé preneur pour 1 600 400 euros (avec frais).

8. Une peinture de Pierre Paul Rubens adjugée 2,94 millions d’euros
Le Christ en croix de Pierre Paul Rubens (1577-1640), que les historiens de l’art croyaient perdu, était en réalité conservé dans une collection privée française. Étudiée par l’historien de l’art allemand Nils Büttner, spécialiste du maître flamand, puis authentifiée par le comité Rubens, cette huile sur panneau représentant l’agonie du Messie a été vendue par la maison Osenat le 20 novembre.
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9. Un vase en porcelaine de l’époque Qianlong adjugé 2,106 millions d’euros
De forme bouteille dite tianqiuping, littéralement « vase globulaire céleste », ce vase en porcelaine datant du règne de l’empereur Qianlong (1736-1795), et sur lequel ont été figurés de nombreux dragons, porte la marque impériale en zhuanshu (calligraphie chinoise) sous sa base. Il a été adjugé à un enchérisseur chinois lors d’une vente de Cannes Enchères le 13 juin dernier. Il y a un peu plus de trois ans, un vase du même type estimé 2 000 euros, s’était envolé à 9,1 millions d’euros chez Osenat à Fontainebleau.

10. Une peinture de Lê Phổ adjugée 2 022 9600 chez Aguttes
Le 13 mai, la maison Aguttes a enregistré le troisième meilleur résultat en salle des ventes pour une œuvre de l’artiste vietnamien Lê Pho (1907-2001) avec Le Bain (v. 1938). Acquise en 1938 et transmise au sein de la même famille pendant près d’un siècle, cette œuvre sur soie, réalisée à l’encre, à la gouache et aux couleurs, se distinguait par son excellent état de conservation et par son caractère presque inédit sur le marché. Installé en France à partir de la fin des années 1930, l’artiste est profondément marqué par la découverte des maîtres de la Renaissance italienne. Cette influence transparaît dans cette scène intime d’une mère lavant son enfant, inspirée notamment de La Vierge à l’Enfant (1501) du Pérugin, tout en recourant à des techniques issues de la tradition asiatique.
