Top 10 des œuvres d’art les plus chères vendues en 2025 par les commissaires-priseurs d’Interencheres

31/01/2026

Aucune œuvre ni objet d’art vendu en-dessous de deux millions d’euros ne figure dans le top 10 de cette année. En tête du classement, David contemplant la tête de Goliath de Guido Reni a été adjugé à plus de 12 millions d’euros à Paris. Retour en images sur les dix plus belles adjudications enregistrées en 2025 par les maisons de vente adhérentes d’Interencheres.

 

1. Une peinture de Guido Reni adjugée 12,386 millions d’euros

L’année 2025 fut celle des redécouvertes dans l’œuvre de Guido Reni (1575-1642). Après la mise au jour d’un Atalante et Hippomène dans les réserves du musée de Libourne, puis l’authentification d’une version de David contemplant la tête de Goliath, dite de La Vrillière,  la tête de Goliath tournée vers David, au musée des Beaux-Arts d’Orléans, une troisième toile est apparue sur le marché. Cette version de David contemplant la tête de Goliath, dite de Créquy, la tête de Goliath tournée à l’opposé de David, expertisée par le cabinet Turquin, a été vendue par Artcurial le 25 novembre.

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Guido Reni (1575–1642), David contemplant la tête de Goliath (dite version de Créquy), Huile sur toile. Adjugée 12 386 600 euros (avec frais) par Artcurial le 25 novembre 2023 à Paris. Expert : Cabinet Turquin. 227 x 145.5 cm
Guido Reni (1575–1642), David contemplant la tête de Goliath (dite version de Créquy), Huile sur toile, 227 x 145.5 cm. Adjugée 12 386 600 euros (avec frais) par Artcurial le 25 novembre à Paris. Expert : Cabinet Turquin.

 

2. Un portrait familial de Jean-François de Troy adjugé 4,067 millions d’euros

Chef-d’œuvre du peintre parisien Jean-François de Troy (1679-1752), ce portrait d’une famille aristocratique du XVIIIe siècle, intitulé Portrait de Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny, de son père, de son mari Jean-Hyacinthe Hocquart, seigneur de Montfermeil, et de leur fils Jean-Hyacinthe-Emmanuel Hocquart, futur marquis de Montfermeil (1736), était proposé à la vente le 25 novembre par Artcurial. Riche en détails, la toile offre de précieuses informations sur la mode de l’époque, notamment à travers l’extraordinaire robe à la française en lampas aux motifs rouges, bleus et dorés portée par Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny. Celle-ci semble captiver son mari qui, en détournant son regard du peintre, ne peut probablement s’empêcher de l’admirer.

 

Jean-François de Troy (1679–1752), Portrait de Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny, de son père, de son mari Jean-Hyacinthe Hocquart, seigneur de Montfermeil, et de leur fils Jean-Hyacinthe-Emmanuel Hocquart, futur marquis de Montfermeil, 1736, huile sur toile. Adjugée 4 067 600 euros (avec frais) par Artcurial le 25 novembre 2023 à Paris. Expert : non précisé.
Jean-François de Troy (1679–1752), Portrait de Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny, de son père, de son mari Jean-Hyacinthe Hocquart, seigneur de Montfermeil, et de leur fils Jean-Hyacinthe-Emmanuel Hocquart, futur marquis de Montfermeil,, 1736, huile sur toile, 130.5 x 98.5 cm. Adjugée 4 067 600 euros (avec frais) par Artcurial le 25 novembre à Paris. Expert : Cabinet Turquin.

 

3. Une étude sur papier de Daniele da Volterra adjugée 4,104 millions d’euros

Allant bien au-delà de son estimation (400 000 euros – 500 000 euros), cette Étude de tête de jeune homme tournée vers la droite, préparatoire à l’apôtre au centre de l’Assomption de la Vierge de la Trinité-des-Monts a établi un record mondial pour l’artiste. Connu du grand public pour avoir recouvert les parties intimes de la fresque de son ami Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, Daniele da Volterra (1509-1566) a également réalisé d’importantes œuvres du maniérisme italien, comme l’Assomption de la Vierge à la Trinité-des-Monts à Rome en 1545, pour laquelle ce dessin préparatoire, vendu le 19 novembre chez Millon, fut très certainement réalisé. 

 

Daniele da Volterra (1509–1566), Étude de tête de jeune homme tournée vers la droite, préparatoire à l’apôtre au centre de l’Assomption de la Vierge de la Trinité-des-Monts, Dessin préparatoire. Adjugée 4 004 400 euros par Millon le 19 novembre 2023 à Paris. Expert : non précisé.
Daniele da Volterra (1509–1566), Étude de tête de jeune homme tournée vers la droite, préparatoire à l’apôtre au centre de l’Assomption de la Vierge de la Trinité-des-Monts, Dessin préparatoire, 40,5 x 28,2 cm. Adjugée 4 004 400 euros par Millon le 19 novembre à Paris. Experts : Cabinet De Bayser et Vittoria Romani.

 

4. Une paire de chimères en bronze de l’époque Qianlong adjugée 4,065 millions d’euros

Acquise au XXᵉ siècle par le courtier allemand Rudolf Münemann, cette paire de chimères en bronze massif de la période Qianlong a été vendue lors d’une vacation de Bonhams Cornette de Saint Cyr le 11 juin. Particulièrement expressives, ces figures symboles de pouvoir, proches de lions mythiques, s’inspirent de modèles en pierre datant de la période des Six Dynasties (265-589 apr. J.-C.), eux-mêmes héritiers d’une tradition sculpturale remontant à la dynastie Han orientale (25-220 apr. J.-C.).

Paire de chimères, époque Qianlong (1736–1795), Bronze massif. Adjugées 4 065 600 euros (avec frais) par Bonhams Cornette de Saint Cyr le 11 juin 2023 à Paris. Expert : non précisé.
Paire de chimères, époque Qianlong (1736–1795), Bronze massif, 93 cm x 53 cm x 80 cm. Adjugées 4 065 600 euros (avec frais) par Bonhams Cornette de Saint Cyr le 11 juin à Paris.
 

 

5. Une sculpture en bronze de Camille Claudel adjugée 3,663 millions d’euros

Découvert fortuitement lors d’un inventaire par le commissaire-priseur orléanais Matthieu Semont, ce bronze exceptionnel de Camille Claudel (1864-1943), dont les historiens avaient perdu la trace depuis 1908, a été vendu par Philocale le 16 février à Orléans. La sculpture a tenu toutes ses promesses, obtenant le deuxième meilleur résultat mondial pour une œuvre de cette sculptrice au destin tragique, collaboratrice et muse d’Auguste Rodin.

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Camille Claudel (1864–1943), La Jeunesse et l’Âge mûr, dit ensuite L’Âge mûr, Modèle, 1899, sculpture en bronze, 61,5 x 85 x 37,5 cm. Adjugée 3 663 000 euros (avec frais) par Philocale le 16 février à Orléans. Experts : Alexandre Lacroix et Elodie Jeannest

 

 

6. Une toile de Zao Wou-Ki adjugée 3,522 millions d’euros

Issue de la collection de l’homme d’affaires Philippe Dennery, Ville verte (mai 1952) de Zao Wou-Ki (1920-2013) a été vendue le 6 juin chez Artcurial. Ce grand format constitue un jalon important dans l’œuvre de l’artiste. Située à la lisière de l’abstraction, la toile laisse encore apparaître des formes évoquant des édifices et des vaisseaux, annonçant la bascule définitive de Zao Wou-Ki vers l’abstraction deux ans plus tard.

 

Zao Wou-Ki (1920–2013), Ville verte, Mai 1952, huile sur toile. Adjugée 3 522 400 euros (avec frais) par Artcurial le 6 juin 2023 à Paris. Expert : non précisé.
Zao Wou-Ki (1920–2013), Ville verte, Mai 1952, huile sur toile, 130 x 150 cm. Adjugée 3 522 400 euros (avec frais) par Artcurial le 6 juin 2023 à Paris.

 

7. Une scène de moisson de Pieter Brueghel le Jeune adjugée 2,902 millions d’euros

Le 30 avril, La Moisson ou Allégorie de l’Été de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638) a été vendue par Artcurial. Inspirée d’une gravure de son père, Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569), intitulée L’Été (1568), la scène représente des paysans en pleine moisson. Tandis que certains s’emploient à faucher un vaste champ de blé, d’autres ramassent les épis tombés ou reprennent des forces en buvant à même le pichet. Lors de cette même vente, une autre huile sur panneau, La Prédication de saint Jean-Baptiste (1620), a également trouvé preneur pour 1 600 400 euros (avec frais).

 

Pieter Brueghel le Jeune (1564–1638), La Moisson ou Allégorie de l’Été, Huile sur panneau, 42 x 57 cm. Adjugée 2 902 400 euros (avec frais) par Artcurial le 30 avril à Paris.
 

8. Une peinture de Pierre Paul Rubens adjugée 2,94 millions d’euros

Le Christ en croix de Pierre Paul Rubens (1577-1640), que les historiens de l’art croyaient perdu, était en réalité conservé dans une collection privée française. Étudiée par l’historien de l’art allemand Nils Büttner, spécialiste du maître flamand, puis authentifiée par le comité Rubens, cette huile sur panneau représentant l’agonie du Messie a été vendue par la maison Osenat le 20 novembre.

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Pierre Paul RUBENS (Siegen 1577 - Anvers 1640) Christ en croix, Panneau de chêne, trois planches, aminci et collé sur un panneau parqueté, Vers 1620-1625 105,5 x 73,5 cm. Adjugée 2 940 799 euros (avec frais) par Osenat le 20 novembre 2023 à Fontainebleau. Expert : Comité Rubens ; étude préalable par Nils Büttner.
Pierre Paul Rubens (Siegen 1577 – Anvers 1640) Christ en croix, Panneau de chêne, trois planches, aminci et collé sur un panneau parqueté, Vers 1620-1625 105,5 x 73,5 cm. Adjugée 2 940 799 euros (avec frais) par Osenat le 20 novembre à Fontainebleau. Expert : Comité Rubens et Nils Büttner.
 

 

9. Un vase en porcelaine de l’époque Qianlong adjugé 2,106 millions d’euros

De forme bouteille dite tianqiuping, littéralement « vase globulaire céleste », ce vase en porcelaine datant du règne de l’empereur Qianlong (1736-1795), et sur lequel ont été figurés de nombreux dragons, porte la marque impériale en zhuanshu (calligraphie chinoise) sous sa base. Il a été adjugé à un enchérisseur chinois lors d’une vente de Cannes Enchères le 13 juin dernier. Il y a un peu plus de trois ans, un vase du même type estimé 2 000 euros, s’était envolé à 9,1 millions d’euros chez Osenat à Fontainebleau.

 

Vase en porcelaine, marque et époque Qianlong (1736–1795), De forme bouteille dite tianqiuping, porcelaine. Adjugé 2 106 000 euros (avec frais) par Cannes Enchères le 13 juin 2023 à Cannes. Expert : non précisé.
Vase en porcelaine, marque et époque Qianlong (1736–1795), De forme bouteille dite tianqiuping, porcelaine, hauteur : 53 cm. Adjugé 2 106 000 euros (avec frais) par Cannes Enchères le 13 juin à Cannes. Expert : Gauchet art asiatique.

 

10. Une peinture de Lê Phổ adjugée 2 022 9600 chez Aguttes

Le 13 mai, la maison Aguttes a enregistré le troisième meilleur résultat en salle des ventes pour une œuvre de l’artiste vietnamien Lê Pho (1907-2001) avec Le Bain (v. 1938). Acquise en 1938 et transmise au sein de la même famille pendant près d’un siècle, cette œuvre sur soie, réalisée à l’encre, à la gouache et aux couleurs, se distinguait par son excellent état de conservation et par son caractère presque inédit sur le marché. Installé en France à partir de la fin des années 1930, l’artiste est profondément marqué par la découverte des maîtres de la Renaissance italienne. Cette influence transparaît dans cette scène intime d’une mère lavant son enfant, inspirée notamment de La Vierge à l’Enfant (1501) du Pérugin, tout en recourant à des techniques issues de la tradition asiatique.

 

Lê Pho (1907–2001), Le Bain, vers 1938, encre, gouache et couleurs sur soie, 45 x 60 cm
Lê Pho (1907–2001), Le Bain, vers 1938, encre, gouache et couleurs sur soie, 45 x 60 cm. Adjugé 2 022 959 euros (avec frais) par Cannes Enchères le 13 mai à Neuilly-sur-Seine. Experte : Charlotte Aguttes-Reynier.
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