Le 4 juin 2018 | Mis à jour le 3 août 2018

Un rare violoncelle Guadagnini adjugé 930.000 euros à Vichy

par Diane Zorzi

Un violoncelle vieux de 266 ans a été adjugé 930 000 euros frais compris (750 000 euros au marteau) par Maître Etienne Laurent jeudi 7 juin 2018 à Vichy. Estimé entre 500 000 et 700 000 euros, ce rare instrument réalisé par l’italien Giovanni Battista Guadagnini, l’un des luthiers les plus recherchés au monde, a été acheté par un enchérisseur étranger.

 

Au classement des meilleurs luthiers, Giovanni Battista Guadagnini (1711-1786) s’impose en tête aux côtés des fameux Stradivarius et Guarneri del Gesù. « Mais au contraire de ces derniers, il ne faisait pas partie d’une lignée de luthiers. Il se forma seul, en autodidacte », détaille Maître Etienne Laurent qui a adjugé l’un de ses violoncelles à 930 000 euros frais compris (750 000 euros au marteau) jeudi 7 juin à Vichy. En 1749, ce fils de paysan qui jouit déjà d’une bonne réputation rejoint la ville de Milan, alors capitale commerciale et culturelle. Là, il réalise parmi ses plus belles pièces, comme en témoigne ce violoncelle fabriqué en 1752. « Sa période milanaise est la plus intéressante. Le choix des matériaux, la composition du vernis révèlent un degré de complexité et de raffinement incomparables. »

 

Un état de conservation remarquable

Si la vente d’un instrument signé Guadagnini était un véritable événement, celle d’un violoncelle l’était encore davantage. « On dit bien souvent que lorsqu’un luthier produisait 500 violons, il ne fabriquait que 50 violoncelles, note Maître Etienne Laurent. De plus, cela fait très longtemps que nous n’avions pas vu une pièce de cette qualité. » Resté dans la même famille depuis son achat en Italie au XIXe siècle, le violoncelle présentait un état de conservation exceptionnel, qui ne laissait en rien présager de ses 266 années. « La quasi-totalité du vernis d’origine demeurait encore, ce qui est un véritable miracle pour un instrument de cette époque ! Ce détail a une grande importance. Il fascine les passionnés d’instruments de musique, curieux de découvrir la recette adoptée par chaque luthier pour obtenir cette texture si complexe. »

Réalisé en sapin, érable et saule, le violoncelle ne comptait de retouche qu’un rallongement par le haut effectué au cours du XIXe siècle. « Lorsque ce violoncelle a été conçu, les canons n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Les luthiers, et particulièrement Guadagnini, avaient tendance à réduire la taille de leurs instruments, s’adaptant probablement aux gabarits de leurs propriétaires. Mais au XIXe siècle, on s’est rendu compte que la puissance d’un instrument était intimement liée à ses dimensions. Aussi, de nombreux violoncelles ont été rallongés au XIXe, à l’image de celui-ci. »

 

Un instrument estimé entre 500 000 et 700 000 euros

« Son estimation, comprise entre 500 000 et 700 000 euros, s’expliquait par la qualité exceptionnelle de jeu qu’il offre et son timbre si particulier. C’est d’abord un instrument fait pour être joué qui rejoindra tôt ou tard les mains d’un grand soliste. » Le commissaire-priseur se souvient à ce propos d’un jeune violoncelliste jouant sur un Stradivarius et lui confiant que, grâce à un instrument de cette qualité, il put voir sa carrière propulsée. Pour l’heure, l’instrument a été acheté par un enchérisseur étranger qui s’est battu au téléphone face à deux autres collectionneurs.

 

 

 

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