Le 25 février 2020 | Mis à jour le 10 mars 2020

Une peinture florale de Pierre Etienne Rémillieux en vente à Lyon

par Audrey Ottonelli

Le 8 mars, la maison Bremens-Belleville organisera sa vente aux enchères de printemps au sein de ses locaux lyonnais. Des toiles anciennes et contemporaines, des bronzes, des pendules, des livres anciens, ou encore de l’argenterie et de l’art déco se succéderont sous le marteau du commissaire-priseur Albin Hirn, ainsi qu’un tableau exceptionnel du maître lyonnais Pierre Etienne Rémillieux, estimé à plus de 8 000 euros.

 

 

« Les ventes de printemps de l’étude Bremens-Belleville permettent aux amateurs de redécouvrir régulièrement de très belles œuvres », explique Damien Voutay, expert en tableaux et objets d’art. Le dimanche 8 mars à Lyon et en live sur interencheres.com, c’est une toile de l’artiste Pierre Etienne Rémillieux qui leur sera présentée. Estimée entre 8 000 et 10 000 euros, elle évoque l’attrait au XIXe siècle des lyonnais pour les motifs végétaux destinés aux soieries.

 

Pierre Étienne Rémillieux (1811-1856), « Tulipes panachées, jacinthes bleues, chèvrefeuille et fleurs diverses sur fond gris ». Huile sur toile, signée en bas vers la droite. 40 x 31,5 cm. Estimation : 8 000 – 10 000 euros.

 

Des fleurs destinées à la soierie lyonnaise

En 1806, Napoléon ouvre l’école des Beaux-Arts de Lyon et la dote d’une classe de fleurs. « Les dessinateurs rejoignaient, ensuite, l’industrie de la soierie, le moteur économique lyonnais à l’époque. Ces artistes savaient alors poser des fleurs et des motifs végétaux. Il existe très peu d’information sur ces talents car ils partaient dans les ateliers de producteur textile et restaient anonymes ». Cependant, les plus doués arrivaient à se faire connaitre en peinture de chevalet et leurs tableaux étaient exposés dans des salons. Pierre-Etienne Rémillieux signa ainsi son œuvre avec une graphie particulière. « C’était une revendication politique. Il indiquait en signant ainsi assumer son travail et demandait à ce que son œuvre d’art soit reconnue ».

 

Une composition florale en apesanteur

L’artiste a dû fournir un travail méticuleux pendant plusieurs mois pour composer cette œuvre mêlant tulipes panachées, jacinthes bleues, chèvrefeuilles et fleurs diverses sur fond gris. « La peinture est exceptionnelle avec son travail de glacis qui apporte cet effet de transparence si particulier, décrit l’expert lyonnais. Nous avons le sentiment que la composition est en apesanteur, surréaliste. C’est un véritable tour de force dans le travail de profondeur. Pierre-Etienne Rémillieux invente une vérité portée avec le soin du détail. Il insuffle la vie dans son tableau en croisant les fleurs et l’univers animal. Nous ne sommes pas loin du trompe-l’œil ». Décédé prématurément dans sa quarante-quatrième année, en 1856, l’artiste aurait laissé, selon les experts, moins d’une trentaine de tableaux. Aussi, il faudra compter entre 8 000 et 10 000 euros pour acquérir le 8 mars prochain cette rare huile sur toile. « Le prix s’explique par la rareté de l’œuvre et son état de conservation exceptionnel. La peinture est toujours dans son cadre d’origine et la toile n’a jamais été restaurée ».

Enchérir | Suivre la vente en direct sur interencheres.com

 

Haut de page

Vous aimerez aussi