« On ne peut connaître la magie sans s’intéresser à son histoire et le magicien qui tombe dans la potion est de facto collectionneur ». C’est ainsi que pendant quarante ans, le célèbre magicien et bibliophile Hjalmar et son épouse Gerda constituèrent une collection de quatre cents pièces entièrement dédiées à une passion, la magie. Un ensemble étonnant qui fera l’objet d’un tout dernier spectacle : sa dispersion aux enchères par Maîtres Jean-Pierre Lelièvre, Pascal Maîche et Alain Paris samedi 10 mars 2018 à Chartres et sur le Live d’Interencheres.
270 objets « truqués » vendus avec leurs secrets
Parmi les 400 lots, figurent des affiches annonçant les spectacles de grands magiciens (estimés entre 200 et 500 euros), des gravures sur le thème de la magie, mais surtout une exceptionnelle réunion d’objets ayant servi aux magiciens entre 1860 et 1940.
Ce ne sont pas moins de 270 objets truqués, permettant aux magiciens d’éblouir leur public, qui seront vendus avec leurs secrets. Au programme : un plateau multiplicateur, un seau pour la chasse aux pièces, une casserole au chapeau, ou encore une cage volante (estimée entre 400 et 500 euros) faisant disparaître un oiseau à mesure qu’elle est jetée en l’air.
A côté debaguettes magiques accessibles à partir d’une centaine d’euros, des pistolets seront également de la partie, estimés entre 600 et 3 000 euros, à l’image du pistolet simulant un tir sur soi.
Enfin, une jolie collection de « boîtes de physique amusantes » sera proposée avec des estimations allant de 500 à 4 000 euros pour les pièces les plus anciennes, contenant les objets truqués qui servaient à éblouir les convives lors des salons de l’époque Napoléon III.
Hommage à Robert-Houdin, le père de la magie moderne
Au sein de cette collection, de nombreux documents sont consacrés à Robert-Houdin (1805-1871), le père de la magie moderne. Celui-ci fut le premier à modifier les tours des amuseurs forains pour les adapter aux salons bourgeois. Seront dispersés des photographies, des quadrilles mignonettes – petites partitions de musique données en souvenir lors de ses Soirées Fantastiques – et de rares billets que Robert-Houdin faisait apparaître lors de ses séances.
Enfin, une pendule mystérieuse estimée entre 18 000 et 25 000 euros devrait attiser la curiosité des enchérisseurs : son aiguille est toujours à l’heure, bien que rien ne semble l’entraîner. Cette pièce étonnante a été présentée au musée d’Orsay à Paris lors de l’exposition « Magie et illusionnisme. Autour de Robert-Houdin » qui eut lieu du 19 septembre 1995 au 7 janvier 1996. La pendule sera d’ailleurs vendue avec la caisse de transport de la prestigieuse institution.
BOITE AUX OMBRELLES. Effet du tour : Une ombrelle est donnée à inspecter au public, puis rangée dans sa boîte, est confiée à un spectateur. Plusieurs cartes sont choisies, et escamotées par le magicien. Reprenant la boîte qui contenait l’ombrelle, il l’ouvre et montre au public que les cartes sont suspendues aux baleines. Le dessus de l’ombrelle en tissu est retrouvé, accroché dans le dos du spectateur. Appareil probablement de fabrication française (Charles De Vere). Seconde moitié du XIXe siècle. Longueur : 625 mm Largeur : 60 mm Profondeur : 80 mm Dimensions des deux ombrelles : Longueur : 600 mm.
TROMBLON. Effet du tour : Cet appareil servait à la disparition de petits objets (mouchoir, montre, carte, bague). Ces objets empruntés étaient déposés dans le tromblon du pistolet et au coup de feu ils disparaissaient pour se retrouver dans tout autre endroit visé par le magicien. Appareil en tôle peint au vernis Martin vert et or, probablement de fabrication anglaise (Joseph Bland). Avec son pistolet. Seconde moitié du XIXe siècle. Longueur : 245 mm Diamètre : 120 mm Longueur du tromblon avec son pistolet : 355 mm Bibl. : Hjalmar. Hjalmar. » Armes de Magiciens, p. 25 » Imagik n° 15, Paris : avril 1997 ; Hjalmar. » Armes de Magiciens, p. 8 » Imagik n° 16, Paris : juillet 1997.
BOITE DE MAGIE. Troisième période [Fin de la seconde moitié du XIXe siècle]. Contenant : Le Jean de la Vigne, Le baril au millet, Les piliers de Salomon, Le chapelet de ma grand-mère, Les boîtes jumelles, Les gobelets, La baguette magique, Les balles en drap (4), Le coquetier aux ufs (115 mm), Le vase aux dés (100 mm), Le maillet escamoteur, Le vase à la bague (125 mm), Les boîtes aux graines (85 mm, 70 mm), Les anneaux indiens (sept anneaux : 160 mm), Les passe-passe (190 mm, 55 mm), Le trépied à la carte (75 mm, 105 mm), La bouteille inépuisable (240 mm, 70 mm), Le vase au son (135 mm, 85 mm). Sans la notice explicative. Marque inconnue. En l’état. Hauteur : 260 mm. Largeur : 290 mm. Longueur : 455 mm.
BANC SPIRITE. Effet du tour : Dans la présentation du « Nid rose », avec Robert-Houdin fils et Brunnet, on faisait circuler une ardoise dans l’assistance, sur laquelle chacun avait le droit d’inscrire ce qui lui venait à l’esprit. Quand l’ardoise était couverte d’inscriptions, on ouvrait le rideau d’un baldaquin – le Nid rose – où une jeune fille avait été auparavant attachée solidement sur un banc. Sur ses genoux se trouvait une seconde ardoise reproduisant tout ce qui avait été écrit sur la première. Appareil en bois et métal, probablement de fabrication française. Appareil démontable dans sa malle de transport d’origine. Seconde moitié du XIXe siècle. Cet appareil du Théâtre Robert-Houdin a sans doute servi à Brunnet, pseud. de Pierre-Edouard Brunnet (1824-1883) dans son expérience le « Nid Rose ». Ancienne collection Dicksonn pseud. du Comte Paul-Alfred de Saint-Genois de Grand Breucq (1857-1939). Dimensions de la malle : Longueur : 820 mm Largeur : 285 mm Hauteur : 205 mm Dimensions du banc : Longueur : 730 mm Largeur : 215 mm Hauteur : 420 mm.
CAGE CIBLE. Effet du tour : Au coup de feu, la cible se transforme en une ravissante cage avec un petit oiseau à l’intérieur. Appareil en laiton, probablement de fabrication française (Emile-Edouard Voisin). Seconde moitié du XIXe siècle. Très rare. Dimensions de la cage repliée : Longueur : 245 mm Largeur : 245 mm Hauteur : 80 mm Dimensions de la cage dépliée : Longueur : 245 mm Largeur : 245 mm Hauteur : 300 mm.
BOITES AUX GRAINES. Effet du tour : Le magicien montre deux vases l’un rempli de riz, l’autre de grains de café. Pour démontrer que les vases ne contiennent rien d’autre, le magicien saisit une aiguille à tricoter qu’il enfonce jusqu’au fond et referme les vases. Quand les vases sont rouverts, les grains de café ont pris la place du riz, et le riz celle des grains de café. Appareil en tôle, peint au vernis Martin rouge et or, montés sur trois pieds en métal moulé peint or, probablement de fabrication française (Emile-Edouard Voisin). Seconde moitié du XIXe siècle. Hauteur : 135 mm Diamètre : 84 mm Bibl. : Delion (Jean-Baptiste). » Le riz, le café et les pois secs, p. 309 » Le magicien des salons ou le diable couleur de rose, Paris : Delarue, 1873 ; Hoffmann (Prof.). » The magic coffers, p. 333 » Modern Magic, London : G. Routledge and Sons, 1876.
NOUVELLE NAISSANCE DE FLEURS (OU LE CORNET HORTICOLE, OU BOTANIA). Effet du tour : Un magnifique bouquet de fleurs était produit lorsque son enveloppe était enlevée. Appareil en tôle, peint au vernis Martin, décoré de plusieurs scènes peintes, dont une représentant une japonaise, probablement de fabrication française (Charles De Vere). Première moitié du XIXe siècle. Sans les fleurs plumes. Hauteur : 345 mm Diamètre : 155 mm.
PLATEAU POUR APPARITION DE PIECES DANS UN VERRE. Effet du tour : Un plateau portant un verre vide, est recouvert d’un foulard. Le magicien mime de projeter vers le plateau, des pièces cueillies dans l’espace. Elles sont retrouvées dans le verre. Appareil en tôle, peint au vernis Martin rouge et or, probablement de fabrication française (Emile-Edouard Voisin). Avec deux petites scènes peintes : l’une illustrant un guerrier chinois voulant tuer un dragon avec son arc. L’autre, un chinois décorant un dragon avec des banderoles de fleurs. Première moitié du XIXe siècle. Diamètre : 325 mm Epaisseur : 40 mm Bibl. : Hoffmann (Prof.). » The mysterious salver, p. 416 » Modern Magic, Londres : G. Routledge and Sons, 1876.
BOITE DE PHYSIQUE AMUSANTE. Première période [Première moitié du XIXe siècle]. Contenant : Le Jean de la Vigne, Le baril au millet (50 mm), Les piliers de Salomon, La quille, La muscade, Les gobelets (65 mm, 50 mm), La baguette magique (manque un embout), Les muscades en liège (4), Les balles en drap (3), Le baril à plaque (45 mm), Le boisseau au millet (85 mm), Le vase à la bague (110 mm, 35 mm). Notice Explicative. Couvercle orné d’une lithographie en couleur : H. Narçon éd. Paris. Lith. Marotte. Paris. En l’état. Hauteur : 70 mm Largeur : 230 mm Longueur : 315 mm.
POUPEE DISEUSE DE BONNE AVENTURE. De fabrication française avec la tête, le buste, les bras et les jambes en biscuit vernissé. Hauteur de la poupée sur son socle : 200 mm. Hauteur du socle : 70 mm. Les poupées diseuses de bonne aventure existaient déjà au XVIIIe siècle mais on les rencontre encore tout au long du XIXe siècle où elles connurent un renouveau en France dès le début du Second Empire jusqu’à la fin de la Belle Epoque. Elles occupent une place à part puisque ce sont des poupées qui ne sont pas seulement destinées à l’amusement des enfants mais aussi à celui des adultes. Leur jupon évasé est composé d’une centaine au moins de feuilles de papier reliées entre elles par une ficelle attachée autour de la taille de la poupée. Sur chaque feuille est inscrite une phrase brève qui peut être un conseil, une maxime ou une prédiction faite à celle ou à celui qui la choisit au hasard. Cette poupée était vraisemblablement utilisée dans les foires. Seconde moitié du XIXe siècle. Très Rare. Bibl. : Lecigne (Danielle). » Poupée Parisienne Diseuse de Bonne Aventure, p. 86 » Poupées – Collections musée de la poupée, Lyon : Emcc, 2002.
VASE AU CAFE. Effet du tour : Cette présentation qui est de Delion, est l’une des meilleures, elle utilise deux vases. Chaque vase est montré réellement vide au public. Le magicien demande alors aux spectateurs s’ils désirent du thé ou du café chaud. Pour cela, il remplit l’un des vases avec des grains de café, l’autre avec des feuilles de thé. Le vase qui contenait les grains de café se trouve rempli de café brûlant et le vase qui renfermait les feuilles de thé contient du thé fumant. Appareil en laiton nickelé, probablement de fabrication française (Charles De Vere). Très grand modèle dit de théâtre. Fin de la seconde moitié du XIXe siècle. Ancienne collection Hervel, pseud. de Joseph Philis (1913-1992). Hauteur : 530 mm Diamètre : 155 mm Bibl. : Delion (Jean-Baptiste). » La boîte au café chaud, p. 345 » Le magicien des salons ou le diable couleur de rose, Paris : Delarue, 1873 ; Hoffmann (Prof.). » The coffee trick, p. 388 » Modern Magic, London : G. Routledge and Sons, 1876.