Une large sélection de meubles XVIIIe animera l’hôtel des ventes de Rennes Enchères le 19 février, avec pour pièce vedette une rare commode à espagnolettes attribuée à Charles Cressent, l’ébéniste préféré du Régent Philippe d’Orléans. Décryptage.
[Mise à jour, 19 mars 2024] La commode à espagnolettes de Charles Cressent a trouvé preneur à 115 000 euros (frais inclus).
La prochaine vente rennaise d’objets d’art et mobilier, prévue le 19 février, fait la part belle aux arts décoratifs français qui ont connu leur apogée au XVIIIe siècle. La pièce maîtresse est une commode dite « à espagnolettes et cadres » attribuée au célèbre ébéniste Charles Cressent (1685-1768) et conservée dans la même famille depuis plus de 40 ans. L’artiste est réputé pour être l’ébéniste préféré du Régent Philippe d’Orléans entre 1715 et 1723. Le modèle de la vente, dont un similaire est conservé au musée Bossuet à Meaux, a été daté entre 1725-1735, période au cours de laquelle Philippe d’Orléans est devenu le ministre du jeune roi Louis XV. La fiche du catalogue indique « attribuée à » car Charles Cressent avait pour habitude de ne pas estampiller ses créations. Mais elle est typique de la production de l’ébéniste avec son bâti de sapin, qu’il préférait au chêne, et son placage de bois exotiques, ici le satiné et l’amarante, qu’il travaille en motifs géométriques de frisage.
Charles Cressent, l’ébéniste préféré du Régent Philippe d’Orléans
Charles Cressent a produit un grand nombre de commodes qui, durant le Siècle des Lumières, comptaient parmi les meubles indispensables des chambres, salons et boudoirs. Le nom qui leur est donné – commodes « aux singes », « aux enfants musiciens », « à palmes et fleurs », « à palmes croisées et dragons » ou à « espagnolettes et cadres » – correspond à leurs ornementations. Ici, notre commande est dite « à espagnolettes et cadres », en référence aux figures féminines qui se déploient en feuilles d’acanthes sur chacun des angles du meuble. Ces bustes sont créés en hommage à Marie-Thérèse, l’infante d’Espagne et épouse de Louis XIV.
Cressent innove ici en abandonnant les trois rangées de tiroirs des commodes tombeaux, pour n’en conserver que deux, et en optant pour des pieds hauts et galbés. La grande qualité des bronzes dorés rappelle la filiation de l’ébéniste qui descend d’une famille de sculpteurs. Il suivit une formation dans ce domaine et fut reçu Maître sculpteur à l’Académie Saint-Luc d’Amiens en 1714. A son arrivée à Paris, il travaille chez Girardon, Robert Le Lorrain, tous deux sculpteurs, puis chez l’ébéniste du régent Jean Poitou pour qui il officie comme ornemaniste de bronze d’art. Quand Poitou décède en 1718, Cressent repasse sa maîtrise à Paris, épouse la veuve de Poitou et hérite de l’atelier de ce dernier. Il devient ainsi l’ébéniste du Régent. « Cressent était considéré de son vivant comme l’égale de Boulle et conservera durant tout sa carrière une très grande réputation », détaille l’expert Bertrand Berthelot.
Un modèle rare estimé à plus de 75 000 euros
Les meubles de Charles Cressent sont rares sur le marché, et suscitent un intérêt accru de la part des amateurs. Dernier exemple en date, une commode « à palmes et fleurs » de l’ébéniste s’est envolée à 1,832 million d’euros le 25 novembre à Saint-Germain-en-Laye. Ces meubles de prestige bénéficient du regain d’intérêt pour le mobilier XVIIIe, soutenu par l’attrait des acheteurs internationaux désireux de s’offrir un morceau de l’Histoire de France. Notre commode est quant à elle évaluée entre 75 000 et 90 000 euros. Rappelons qu’en juin dernier, une commode presque identique s’est vendue 190 500 euros chez Sotheby’s. De quoi laisse présager une belle bataille d’enchères… A noter qu’au catalogue de la vente figurent d’autres meubles et objets d’art XVIIIe, plus accessibles, à l’instar d’un rare cartonnier Louis XV (2 500 – 3 000 euros), d’une console semi-circulaire de Louis Noël Malle (1 500 – 2 200 euros), d’un bonheur-du-jour de Charles Topino (18 000 – 25 000 euros) et d’une chiffonnière de Jean-Baptiste Vassou (800 – 1 200 euros).
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Petit secrétaire en cabinet en acajou et placage d’acajou flammé. Pieds fuselés à pans coupés réunis par une tablette d’entretoise. Ouvre par un tiroir à ressaut en ceinture surmonté d’un abattant qui découvre un casier amovible à huit tiroirs, sous lequel se trouve une trappe secrète, et à un tiroir. Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés tels que entrées de serrure, chutes feuillagées et fleuries, bas relief à décor d’amours dans le goût de Clodion. Piétement démontable. Dessus de marbre blanc mouluré légèrement encastré. Estampille sur l’arrière JH RIESENER et JME – Fin du XVIIIe siècle (petites fentes au placage, légères griffures, petits enfoncements)
Haut. 120.5 cm – Larg. 62.5 cm – Prof. 36.5 cm
Jean-Henri RIESENER, maître en 1768
C’est le maître incontesté des meubles Louis XVI par l’ampleur et la diversité de son oeuvre, par l’exceptionnelle qualité de ses fabrication. En 1774, il reçoit le titre d’ébéniste ordinaire du mobilier de la Couronne. Les commandes de la Cour affluent.
RIESENER va livrer aux différentes demeures royales, ainsi qu’aux grands seigneurs du royaume une très grande quantité de meubles. Son oeuvre se retrouve dans les plus grands musées de France, d’Angleterre et d’Amérique
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Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Chiffonnière en acajou et placage d’acajou. Elle présente trois tiroirs à encadrement mouluré. Montants bulbés à cannelures réunis par une tablette d’entretoise. Pieds fuselés terminés par des sabots à roulette. Dessus de marbre gris à galerie ajourée. Estampillée JB VASSOU – Epoque Louis XVI (façade de l’entretoise mangée)
Haut. 76 cm – Larg. 50 cm – Prof. 34 cm
Jean-Baptiste VASSOU, maître en 1767 Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Bonheur du jour « aux ustensiles » en placage de bois de rose, sycomore, buis, sycomore teinté vert. De forme ovale, le gradin à galerie ouvre à un tiroir, un guichet et deux vantaux. La ceinture ouvre à un tiroir formant écritoire et repose sur des montants galbés réunis par une tablette d’entretoise. L’ensemble du meuble à marqueterie gravée de motifs littéraires, ustensiles et vases. Estampillé sur le dessous du caisson C. TOPINO – Epoque Louis XVI
Haut. 86.5 cm – Larg. 36.5 cm – Prof. 59 cm
Charles TOPINO, maître en 1773
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Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Rare cartonnier en marqueterie de branches fleuries feuillagées sur fond d’amarante, filets et entourage de bois de rose. Bombé et galbé en façade et sur les côtés, présente quatre cartons en partie supérieure et ouvre à une porte de part et d’autre en partie basse – Epoque Louis XV (certains bronzes rapportés, accidents au placage et manques)
Haut. 134 cm – Larg. 89.5 cm – Prof. 41 cm Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Console semi-circulaire en acajou, placage d’acajou et moulures de laiton. Elle ouvre en ceinture à un tiroir en façade et deux tiroirs sur les côtés à ouverture cachée. Montants bulbés à cannelures rudentées réunis pas un plateau d’entretoise en marbre. Pieds fuselés cannelés. Dessus de marbre blanc veiné gris ceint d’une galerie ajourée. Estampillée MALLE et JME sur le haut du montant arrière gauche – Epoque Louis XVI (petite fissure (2 cm) au marbre à l’avant du pied antérieur gauche, galerie légèrement déformée en bas à gauche)
Haut. 91 cm – Larg. 99 cm – Prof. 41.5 cm
Louis Noël MALLE, maître en 1765 Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Commode sauteuse en placage de bois de rose, filets de bois vert et buis, à la grecque pour les tiroirs, bois de violette. Présente deux tiroirs à léger ressaut central, repose sur quatre hauts pieds galbés. Montants antérieurs à large pan coupé. Dessus de marbre Royal des Flandres. Estampillé J.C. ELLAUME sur le haut du montant antérieur gauche – Transition des époques Louis XV-Louis XVI (restaurations à la marqueterie et au bâti)
Haut. 88.5 cm – Larg. 78 cm – Prof. 47 cm
Jean Charles ELLAUME, Maître en 1754 Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Paire de cassolettes en marbre bleu Turquin et bronze ciselé et doré. Repose sur trois pieds cambrés feuillagés terminés en sabot et portant des têtes de bélier. Binets feuillagés, base à rang de perles – Fin du XVIIIe siècle
Haut. 23 cm Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Secrétaire en marqueterie d’amarante, satiné et palissandre. La façade en légère arbalète présente quatre médaillons polylobés et ouvre à un abattant découvrant quatre tiroirs et des casiers, et à deux portes en partie basse. Montants arrondis à cannelures simulées, petits pieds galbés. Dessus de marbre blanc (accidenté, restauré). Estampillé D. GENTY sur le haut du montant arrière droit – Epoque Louis XV (petites restaurations)
Haut. 126.5 cm – Larg. 99 cm – Prof. 43 cm
Denis GENTY, maître en 1754 Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Fauteuil d’enfant en noyer mouluré et sculpté de fleurettes et feuillage. Ceinture chantournée, pieds galbés – Epoque Louis XV (anciennement à assise et dossier canné)
Haut. 78 cm
Les sièges d’enfant de cette époque sont peu fréquents Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Paire de larges fauteuils à dossier plat en noyer mouluré et sculpté de fleurettes et coquilles, traverse supérieure du dossier légèrement mouvementée, ceinture chantournée, pieds galbés. Les bas de pieds feuillagés. Style Louis XV – XIXe siècle (un pied arrière gauche restauré)
Haut. 106 cm Voir le lot
Par JEZEQUEL – RENNES ENCHERES BRETAGNE à RENNES le 19/02/2024 : Paire de bergères en bois doré, mouluré et sculpté de joncs rubanés, rangs de perles. Pieds fuselés, cannelés, rudentés – Epoque Napoléon III (manques et usures de la dorure)
Haut. 114 cm Voir le lot