Le 10 décembre 2019 | Mis à jour le 10 décembre 2019

Le vin, l’achat plaisir de la fin d’année

par Clémentine Pomeau-Peyre

Pour les offrir en cadeaux, ou les savourer en famille, les bonnes bouteilles ne manquent pas dans la hotte des commissaires-priseurs ! Tout au long du mois de décembre, les études multiplient les vacations consacrées aux grands crus, issus des terroirs français principalement. Près de trente ventes sont comptabilisées durant ce mois de décembre sur interencheres.com ! L’ivresse guette les acheteurs…

 

Les ventes de vin sont en constant développement depuis quelques années. En cause, le goût de plus en plus affirmé, et précis, des connaisseurs. L’expert et sommelier Olivier Bompas parle même de collectionneurs « pointilleux » très bien informés… La plupart des ventes de cette fin d’année font la part belle aux classiques : vins de Bordeaux, grands crus classés (les GCC tels qu’ils sont appelés en abrégé). Une recherche Petrus sur interencheres.com fait apparaître une petite centaine d’occurrences, Château Margaux en donne plus de 200 ! Le rêve est à portée de clic.

Chacun des hôtels de ventes a ses spécificités. D’abord le terroir local. Ainsi, l’hôtel des ventes d’Avignon présente le 14 décembre une sélection pointue de Côtes-du-Rhône. Olivier Bompas, expert de la vente, met l’accent sur « Les Châteauneuf du Pape Rayas ou Henri Bonneau, qui sont très à la mode, comme les Hermitage ou les Côtes Roties. Le Rayas, nous en présentons 2/3 bouteilles à chaque vente, et les acheteurs se battent pour les avoir, c’est vraiment un vin d’exception. » Néanmoins, la vente du 14 décembre d’Avignon reste ouverte aux budgets plus restreints, avec des estimations qui vont débuter autour de 25 à 40 euros. « Nous essayons d’avoir aussi ce type de lot, ou de diviser une caisse de 6 bouteilles en deux ou trois lots, pour rester accessibles », assure l’expert.

A Chinon, autre terre viticole, le lot phare de la vente du 19 décembre est une « verticale », c’est-à-dire une bouteille de chaque année de Château Mouton Rotschild entre 1971 et 2015, soit 47 bouteilles (dont 2 de 1978 et 1993), estimée entre 16 000 et 18 000 euros. Christophe Herbelin propose également deux Salmanazar (9 l), un Balthazar (12 l) de champagne Laurent Perrier brut milieu des années 1990, estimés 600-800 euros et  400-600 euros, ainsi qu’une dizaine de bouteilles de Clos Rougeard (estimées 200-300 euros chacune), un Saumur Champigny local très recherché et qui prend de la valeur ces dernières années.

 

 

Pour les moins aventureux, les ventes de vins proposent plus ordinairement des lots de 1 à 12 bouteilles classiques environ, ainsi que des magnums (1,5 l). Les lots sont parfois proposées en CBO, caisse en bois d’origine, ce qui apporte une plus value aux vins dispersés. L’hôtel des ventes de Limoges s’appuie pour sa vente du 14 décembre sur la grand passion de Nicolas Constanty pour le vin. Il l’avoue volontiers : s’il n’avait pas été commissaire-priseur, il aurait choisi d’être caviste !  Il défend une sélection faite à la fois de Bordeaux classiques, mais aussi de vins à prix plus réduits qui peuvent être des découvertes intéressantes. Nicolas Constanty remarque qu’aujourd’hui, la tendance va plutôt « aux Bourgognes blancs, Montrachet, Bâtard Montrachet, Criots Bâtard Montrachet, et les rouges, Côte de Beaune, Côte de Nuits. » Il souligne également que « les modes de consommation ont changé, et les passionnés qui constituent et gèrent leur cave sont moins nombreux. On achète une bonne bouteille chez un caviste, et elle est consommée dans la soirée…« .

 

 

Comment choisir pour ne pas se tromper ? Les experts et commissaires-priseurs fournissent un important travail d’expertise afin de garantir au mieux la qualité des vins. « Outre l’étiquette, qui nous renseigne sur l’origine du vin, et donc sa qualité de départ, nous cherchons surtout à évaluer l’état de conservation. Plusieurs indices sont pris en compte : l’état de propreté et d’humidité de la bouteille et de l’étiquette, le niveau du vin… Le principal défaut des caves est qu’elle sont trop chaudes et trop sèches, donc une étiquette abîmée, c’est plutôt bon signe », explique Olivier Bompas. L’expert choisit également de se déplacer le plus souvent possible chez les futurs vendeurs, afin d’évaluer de visu la qualité de leur cave. Il recommande une stratégie d’achat toute simple : des grands crus pour se faire plaisir, et des bouteilles inconnues, pour la surprise !

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