Le 8 décembre 2015 | Mis à jour le 9 décembre 2015

Coups de cœur de commissaires-priseurs

par Interencheres

banniere-modele-coup-coeur

Une création incandescente de l’avant-gardiste allemand Otto Piene, un portrait de Valtat où se déploie l’influence impressionniste de son ami Renoir et un Fernand Léger retrouvé dans un carton à dessin : découvrez les peintures coups de cœur de nos commissaires-priseurs en ce mois de décembre.

 

Quand Valtat s’inspire de Renoir

louis-valtat-coup-coeur-def

« Ce portrait de Valtat attirait mon attention à chaque fois que je me rendais chez son propriétaire pour prendre un café. Pendant près de vingt ans, il est resté accroché en hauteur dans un recoin inaccessible de son salon et, de loin, je pensais qu’il s’agissait d’un Renoir… Il se trouve que je n’avais pas complètement tort ! Les deux peintres se sont rencontrés en 1900, alors que Valtat peignait sur la plage. Immédiatement, Renoir est séduit par l’audace de son style et l’invite à venir le rejoindre dans le Midi. Il est fort probable que, durant ce séjour, Renoir ait participé à l’élaboration de ce portrait ou, du moins, que Valtat l’ait peint en présence de son ami sous ses précieux encouragements. Même si le style de Renoir est nettement présent, les larges aplats de couleur présents dans cette œuvre charnière annoncent déjà le fauvisme.
.
Ce qui est également intéressant, c’est le cadre de l’œuvre : spécialement choisi par Valtat, il l’a lui-même retravaillé afin que ses dimensions correspondent parfaitement à celles du portrait ovale. C’est un tableau de très belle qualité, dans son jus d’origine, sans repeint ni aucune restauration, qui a récemment fait partie de l’exposition marseillaise Louis Valtat et ses contemporains. Il a été conservé dans les collections de Louis Valtat et de sa femme (le modèle du portrait ?) jusqu’au rachat il y a 25 ans par l’actuel propriétaire. » Estimation : 75 000 à 90 000 euros.
.

Maître Denis Herbette, à propos de la Jeune femme brodant de Louis Valtat, mise en vente le dimanche 13 décembre 2015 à Doullens et sur le Live d’Interencheres.
.
Lien vers l’annonce de la vente aux enchères
.
.

Un Fernand Léger bien caché

fernand-léger-coup-coeur

« Il y a quelques semaines, un particulier, qui auparavant n’avait jamais mis les pieds dans un hôtel des ventes, nous a apporté un carton à dessin rempli d’œuvres diverses et variées. Parmi plusieurs œuvres académiques se trouvait cette gouache, aux allures bien plus modernes, qui nous a immédiatement sauté aux yeux. Les initiales F.L. dans le coin inférieur droit n’ont fait que renforcer notre enthousiasme. Après expertise, le verdict est tombé : il s’agissait bien d’un Fernand Léger ! Lorsque j’ai appelé le vendeur pour lui annoncer la bonne nouvelle, il n’en revenait pas : il avait hérité ce carton à dessin de ses parents, aujourd’hui décédés, et n’avait aucune idée de ce qu’il contenait. D’ailleurs, les autres œuvres académiques sont demeurées anonymes et sans valeur.
.
Les quelques taches d’encre et froissures n’enlèvent rien à la qualité de cette œuvre très emblématique de la production de l’artiste, qui présente une composition typiquement cubisante ponctuée de couleurs très franches. Concernant l’estimation, nous sommes dans une fourchette classique, entre 15 000 et 20 000 euros. De nombreuses personnes, qu’il s’agisse de clients français ou étrangers, se sont déjà manifestées pour demander des renseignements complémentaires ou pour s’inscrire à la vente, ce qui laisse présager une belle bataille d’enchères. »
.
Maître Hervé Tailliez, à propos de Composition à la fleur de Fernand Léger, mise en vente le samedi 12 décembre 2015 à Poitiers et sur le Live d’Interencheres.
.
Lien vers l’annonce de la vente aux enchères
.
.

Otto Piene incandescent

« Cette superbe toile flamboyante est l’œuvre d’Otto Piene qui, dans les années 1950, redéfinit le rôle de l’artiste dans le processus créatif. Pour compenser l’expressionnisme abstrait américain et l’abstraction lyrique européenne, cet artiste allemand conçoit avec Heinz Mack un mouvement d’avant-garde radical connu sous le nom de Groupe Zero. Le principe artistique est simple : Mack et Piene rejettent le peintre et sa subjectivité, redonnent à l’œuvre une certaine forme de liberté et instaurent ainsi une rupture totale avec leurs prédécesseurs. Ils font table rase du passé et repartent… de zéro ! Piene s’intéresse en particulier à la lumière et à sa dynamique. Il utilise des moyens mécaniques et objectifs, afin d’emprisonner la matière et créer ses fameux tableaux fumés. Ainsi, pour cette toile, il s’est servi de la fumée émise par la flamme d’une bougie pour imprégner la toile de suie, de manière plus ou moins aléatoire.
.
Mis à l’honneur il y a quelques mois à Amsterdam par le Stedelijk museum dans l’exposition Zero : let us explore the stars, Piene se fait rare sur le marché français – je crois même que notre toile, acquise directement auprès de l’artiste par la famille du précédent propriétaire, est une des premières à passer en vente dans l’hexagone. C’est, pour ma part, une œuvre formidable, très séduisante, en bref, un petit bijou d’avant-garde ! » Estimation : 200 000 à 300 000 euros.
.
Maître Olivier Perrin, à propos de Petite fleur de feu de Otto Piene, mise en vente le dimanche 13 décembre 2015 à Versailles.
.
Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

.

Haut de page

Vous aimerez aussi

Claude Viallat de retour à Nîmes

Le 2 août 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Le 4 août à Nîmes, la vacation estivale de Pierre Champion et Françoise Kusel sera l’occasion de retrouver l’enfant du pays, Claude Viallat, dont deux œuvres seront proposées de 1 […]

Jean Dufy, de Paris à Stockholm

Le 2 août 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Alors que le Musée de Montmartre expose dans la capitale « Le Paris de Raoul Dufy », une vue du bois de Boulogne signée de son frère cadet, Jean, sera […]

Comment dater une horloge comtoise du XVIIe siècle ?

Le 29 juillet 2021 | Mis à jour le 29 juillet 2021

Les décors, matériaux et mécanismes des horloges comtoises, apparues autour de 1660, évoluent tout au long du XVIIe siècle. Pour les différencier et les dater précisément, le maître ébéniste Jacques […]