Le 10 novembre 2014 | Mis à jour le 10 novembre 2014

Coups de cœur de commissaires-priseurs

par Interencheres

A l’occasion de Paris Tableau, le salon spécialisé dans les tableaux du Moyen Age aux années 1870 qui se tient dans la capitale du 13 au 16 novembre 2014, trois commissaires-priseurs nous livrent leurs coups de cœur pour trois œuvres anciennes qu’ils mettront bientôt aux enchères.

.

Un Pourbus de qualité muséale
« Il s’agit d’un bourgeois d’Anvers, non identifié à ce jour, refusant de s’appuyer sur une table recouverte de velours vert en arrière-plan contrairement aux portraits flamands de la même époque qui se servent généralement tous de ce soutien. En ressort une impression de force et de puissance qui émane du personnage. Lors d’une vente aux enchères en 1867, ce tableau fut qualifié de « chef d’œuvre de vérité et d’expression ». Tous les détails du visage, de la collerette ou des mains sont en effet d’une extrême finesse et d’une qualité proche de la perfection et illustrent parfaitement la maîtrise et toute la mesure du talent de Frans Pourbus, qui s’exprimera également dans les portraits princiers. Ce tableau a son pendant, réalisé par le même artiste, qui représente le portrait d’une femme âgée de 54 ans. Daté également de 1591, et ayant pratiquement la même dimension, il est conservé au Fine Arts Museum de San Francisco. Notre portrait de qualité muséale va-t-il être acheté par un musée français ou étranger, voire par celui de San Francisco pour que le couple soit à nouveau réuni ? » Maître Laurent Belaïsh, commissaire-priseur à Enghien, à propos du portrait d’un homme âgé réalisé par Frans Pourbus (1569-1622) mis aux enchères avec une estimation de 150 000 à 200 000 euros le dimanche 23 novembre 2014.

.

 

La sérénité de Saint-Sébastien
« Dans ce tableau, la mort et la souffrance se ressentent dans la lumière. Ce saint Sébastien a été réalisé au milieu du XVIIe siècle en plein âge d’or de la peinture espagnole de la Contre-réforme. Il est à rapprocher des toiles des grands peintres de cette époque comme Zurbaran, Murillo ou le Gréco, qui réalisèrent des chefs d’œuvres au sortir du maniérisme. Doué d’un certain hyper-réalisme, le traitement du clair-obscur et le visage légèrement souriant du personnage sont particulièrement remarquables. En effet, malgré son martyr, Saint-Sébastien semble serein, ce qui donne tout son intérêt à l’œuvre. Ses grandes dimensions, 116 par 110 centimètres, en font un tableau monumental, estimé entre 4 000 et 6 000 euros seulement. » Maître Thierry Collet, commissaire-priseur à Reims, à propos du tableau de Saint-Sébastien figurant dans la vente de plus de 400 tableaux anciens et modernes du dimanche 30 novembre 2014. Cet ensemble provenant du Château du Bois d’Epense, dans le Marne avait fait l’objet d’une première vente présentée dans un reportage de Mélanie Griffon pour Télématin à découvrir à cette adresse : http://bit.ly/1tljJoB

.

.

.

.

.

 

Un coucher de soleil sur le port digne du Lorrain
Au premier abord, ce tableau fait immédiatement penser aux œuvres du Lorrain. Le coucher de soleil sur le port, les éléments d’architecture antique, les personnages rassemblés dans une grande frise, tous les ingrédients des célèbres paysages classiques de Claude Gellée, dit « le Lorrain » sont réunis. Mais ce tableau est attribué à Niccolo Codazzi, un Italien et non un Lorrain, qui a vécu au XVIIe siècle tout comme Claude Gellée. Malgré la parfaite exécution de cette vue de port, le peintre n’a pas osé se limiter à un paysage, car la thématique était mal considérée à l’époque. Pour l’inscrire dans une crédibilité intellectuelle, emprunte de religion et de mythologie, il l’a intitulé « La reine de Saba rendant visite au roi Salomon ». Et afin de circonscrire sa toile à l’arrivée de la reine, l’artiste à insérer deux bandes sombres et verticales qui viennent délimiter la scène. Mais, sous l’impulsion du soldat tout en bas à gauche, qui regarde lui vers la mer, le spectateur déporte déjà son attention vers la ligne d’horizon, emporté par l’éclatant coucher de soleil… » Maître François de Malafosse, commissaire-priseur à Toulouse, à propos du tableau attribué à Niccolo Codazzi figurant dans la vente Live de tableaux anciens du jeudi 13 novembre 2014.

Haut de page

Vous aimerez aussi

La collection Veyret, itinéraire d’un Africain de cœur

Le 18 juin 2021 | Mis à jour le 18 juin 2021

Pendant plus de trente ans, Alain Veyret a rassemblé des milliers d’objets d’art africains. Masques, sculptures en bronze, statuettes ou fétiches racontent l’itinéraire de cet Africain de cœur, engagé dans […]

Près de 500 montres Lip aux enchères à Besançon

Le 15 juin 2021 | Mis à jour le 17 juin 2021

A l’occasion de la 7e édition des « 24 heures du temps », près de 500 montres Lip seront vendues aux enchères le 18 juin à Besançon et en live sur Interencheres. […]