Le 16 octobre 2013 | Mis à jour le 17 octobre 2013

Coups de cœur de commissaires-priseurs

par Interencheres

Une déclaration d’amour fauve par le peintre Henri Manguin, les expérimentations picturales du théoricien oublié du cubisme et l’aveu d’admiration du portraitiste Louis Gabriel Blanchet : toutes les émotions artistiques sont représentées dans les tableaux sélectionnés par les commissaires-priseurs dans leurs ventes aux enchères en ce mois d’octobre 2013.

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Henri Manguin, intimiste

« En plus de figurer parmi les grands chefs-d’œuvre de sa période fauve, le côté intimiste de cette toile d’Henri Manguin (1874-1949) me plaît beaucoup. L’artiste représente ici sa femme, Jeanne, se reposant dans le jardin de la Villa Demière, sur les hauteurs de Saint-Tropez. Cet endroit calme et gorgé de lumière sera une grande source d’inspiration et servira de cadre à plusieurs de ses tableaux mettant en scène son épouse. »

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« Manguin aimait peindre son modèle baignant dans le soleil du Midi et ses reflets crus. Notre tableau a été offert par l’artiste à son grand ami, le peintre Albert Marquet (1875-1947). Ce présent renforce à mon sens la dimension sentimentale et personnelle de l’œuvre. Exposé à de multiples reprises, des galeries parisiennes au Musée des Beaux-Arts de Neuchâtel en passant par Tokyo, ce tableau de 46 par 38 centimètres est estimé de 180 000 à 220 000 euros. »

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Maître Alexandre Giquello, à propos du Repos, Villa Demière, Jeanne, été 1905, œuvre d’Albert Marquet proposée à la vente le lundi 21 octobre 2013 à Paris.

Lien vers l’annonce de vente du tableau

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Un talent artistique portraituré

« Avec son fichu noué sur la tête et sa blouse large et confortable, le personnage représenté sur ce tableau à l’air plutôt débraillé… A l’inverse des portraits magnifiés de personnalités richement  vêtues et arborant un air fier et aristocratique que Louis Gabriel Blanchet (1705-1772) a l’habitude de réaliser, le peintre de l’Académie Royale de Rome choisit d’immortaliser ici un homme d’une plus grande simplicité.

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« Dans ses bras, les marteaux, le burin et le buste en cours de réalisation — un buste d’Hercule, d’après l’antique –, indiquent que nous faisons face à un sculpteur. Et c’est pour mettre en avant son talent et la ferveur qu’il met dans son art que Blanchet lui ôte tout artifice vestimentaire et autre ornement superflu. Ce tableau s’inscrit dans la tradition des représentations d’écrivains, de musiciens et autres artistes réalisés par les peintres du XVIIIe siècle pour rendre hommage à leurs confrères créatifs. Longtemps présenté comme le portrait présumé du célèbre Edme Bouchardon (1698-1762), notre tableau représenterait plutôt n sculpteur français ou étranger de la génération d’Augustin Pajou (1730-1809), ayant séjourné à Rome vers 1757. Les recherches ne sont pas arrêtées, et l’acquéreur de cette toile pourra donc poursuivre sont enquête sur l’identité du personnage représenté ! »

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Maître François Nugues, à propos de ce Portrait d’un sculpteur, huile sur toile de 69 par 53 centimètres de Louis Gabriel Blanchet estimée de 12 000 à 15 000 euros et mise aux enchères le dimanche 27 octobre 2013 à Laval.

Lien vers l’annonce de vente du tableau

 

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A l’origine du cubisme

« Picasso et Braque n’ont pas été les seuls créateurs du cubisme. Le peintre Jean Metzinger (1883-1956) faisait également partie du groupe d’artistes à l’origine de ce mouvement. Il en a même été le théoricien, compilant de nombreux écrits sur le sujet. Mais contrairement à ses illustres confrères, son œuvre est restée largement et très injustement ignorée. Guillaume Appolinaire a même dit de lui que « aucun jeune peintre contemporain n’a connu autant d’injustice que Jean Metzinger, n’a montré plus d’opiniâtreté que cet artiste raffiné, l’un des plus purs qui soient aujourd’hui ».

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En 1909, alors que le cubisme commence tout juste à voir le jour, le peintre réalise cette huile sur carton. Même si elle apparaît très tôt dans l’histoire de ce mouvement pictural, notre nature morte concentre tout son répertoire formel : de la simplification et la géométrisation des formes à la superposition des éléments, en passant par les camaïeux de bruns caractéristiques de la palette cubiste. Il est très rare de trouver une œuvre de Metzinger datant de cette époque sur le marché. Même les musées parisiens n’en ont pratiquement pas. Cette huile sur carton de 32 par 24 centimètres provient de la collection particulière du psychanalyste et amateur d’art Philippe Marette, le frère de Françoise Dolto. Elle a récemment été exposée au musée parisien de la Poste dans le cadre de l’exposition « Du cubisme et après » en 2012. »

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Maître Pierre Blanchet à propos de la nature morte de Jean Metzinger, estimée de 100 000 à 150 000 euros, qui sera mise aux enchères le vendredi 18 octobre 2013 à Paris.

Lien vers l’annonce de vente du tableau

 

 

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