Le 18 juin 2014 | Mis à jour le 19 juin 2014

Coups de cœur de commissaires-priseurs : tous à table !

par Interencheres


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Modèle papillon d’Eugène Gaillard, déclinaison en table basse par Jacques-Emile Ruhlmann et un plateau en mosaïque de marbre à l’antique : regards de trois commissaires-priseurs sur les tables proposées dans leurs prochaines ventes aux enchères.

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Eugène Gaillard et l’effet papillon

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« Cette pièce d’Eugène Gaillard est un coup de cœur par son format étonnant, qui en fait un mobilier volant à la fois chic et populaire, à mi-chemin entre une table de jeu et une table d’appoint. Sa conception, qui joue avec deux impressions contraires, est également intrigante. Il y a tout d’abord une certaine puissance rigide qui se dégage du meuble lorsque les gigognes sont repliées. Mais une fois déployées, cette table Papillon prend tout son sens par la sensation de légèreté qui prend le relais. Les lignes sont aériennes et évoquent parfaitement les ailes du lépidoptère. Et si la table reprend l’intérêt pour la faune et la flore chères aux artistes de l’Art nouveau nancéiens, elle s’en démarque par des lignes plus géométrisées, moins mouvementées et plus simples. C’est là un autre aspect qui en fait une pièce intéressante. Elle est représentative du travail d’Eugène Gaillard et de l’Art nouveau parisien qui se développe en cours des années 1910 et qui annonce l’Art déco. »
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Xavier Dominique (Ader & Nordmann), à propos de la table modèle dit Papillon, d’Eugène Gaillard. Vente aux enchères le vendredi 20 juin à Paris. Estimation entre 15 000 et 20 000 euros.

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Une mosaïque gravée dans le marbre

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« J’ai été séduit par la finesse du travail apporté à ce plateau. Même avant de voir qu’il reprenait à l’identique le décor d’une table de la Villa De Poggio Imperiale à Florence. Les tables dressoirs de ce type étaient offertes comme cadeaux d’Etat entre les princes. Si la marqueterie de marbre est ici de réalisation contemporaine, elle a été effectuée dans les règles de l’art, celles de l’ opus sectile que pratiquaient les latins pour leurs mosaïques. Les artisans ont suivi à la lettre les techniques de l’Antiquité romaine pour produire une pièce d’une qualité sans comparaison possible en ce moment. Les jonctions et les raboutages de marbre sont parfaitement ajustés et l’estimation est peu élevée par rapport aux heures de travail passées sur le plateau. Celui-ci est rythmé par des éléments géométriques et par quatre temples circulaires dans les coins. Il est mis en vente sans piètement, et pourra très bien être monté en table ou en console d’applique. Les plus traditionalistes l’installeront sur deux pieds en pierre, les plus modernes pourront opter pour des pieds en fer forgé. ».
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Maître Alain Courau, à propos du plateau marqueté de marbre.
Vente le mercredi 25 juin à Bordeaux. Estimation entre 2 000 et 3 000 euros.

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L’origine de la table basse

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« Cette table basse de Jacques-Emile Ruhlmann a appartenu au dramaturge Henri Berstein (1876-1953) dont l’appartement parisien, rue de l’Université, était meublé avec d’autres pièces du célèbre ensemblier. Le couple Berstein en était des clients réguliers. C’est un beau mobilier que l’auteur de théâtre intégrait également comme décor de ses pièces. Cette table basse fait d’ailleurs partie du mobilier qui porte le nom de l’actrice Fernande Cabanel. Réalisée en 1919, elle dessine des angles vifs qui préfigurent l’Art déco. Le plateau et la ceinture, décorés par un placage de palissandre sans fioriture, sont disposés sur quatre pieds boulle à stries bombées, dit godrons. Le répertoire, très pur, en fait une table sobre et élégante. Pour autant, elle se mariait très bien avec le mobilier XVIIIe plutôt rustique de la nièce d’Henri Berstein chez qui elle était gardée. Le talent de Ruhlmann est d’avoir réalisé un mobilier classique et avant-gardiste. Avec cette réalisation, celui qui était surnommé le « Riesener de l’Art Déco », pour le comparer au grand ébéniste de Louis XVI, a été à l’origine du concept de table basse. Notre table (43 x 147 x 77 cm) est légèrement plus grande que les autres exemplaires du même modèle. Elle est probablement l’une des premières à avoir été réalisée en grand format. »
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Maître Alain Paris, à propos de la table basse-boulle Cabanel, de Jacques-Emile Ruhlmann. Vente dimanche 22 juin à Chartres.  Estimation entre 100 000 et 150 000 euros.

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