Le 22 juillet 2021 | Mis à jour le 22 juillet 2021

Des enchères multimillionnaires de Fragonard à Bazille : retour sur les résultats du mois de juin

par Diane Zorzi

D’un Philosophe de Fragonard à un autoportrait de Bazille ou un vase chinois Yongle, les dernières ventes ont été ponctuées de plusieurs enchères millionnaires. Retour sur les plus belles adjudications du mois de juin.

 

Le 26 juin à Epernay, Antoine Petit célébrait ses quarante ans de marteau avec la vente exceptionnelle d’un Philosophe de Fragonard (1732-1806) perdu depuis plus de deux cents ans. Découvert dans la Marne, le tableau peint autour de 1770 a quintuplé son estimation basse pour s’envoler à 7,686 millions d’euros (frais inclus), acquis par un collectionneur français. « Les plus grands collectionneurs internationaux étaient mobilisés pour cette vente retransmise en live sur Interencheres, confie Antoine Petit. Nous avons déployé un important dispositif de communication qui a permis à tous les acheteurs potentiels de bénéficier d’une documentation complète et détaillée leur permettant d’appréhender toutes les qualités de l’œuvre. Cette mise en valeur nous a permis d’obtenir, ici à Épernay, la troisième plus haute adjudication mondiale pour un tableau de Fragonard. » Ce résultat spectaculaire parachevait un mois de juin rythmé de plusieurs enchères millionnaires.

 

De Bazille à Renoir, jusqu’à 1,69 million d’euros pour les maîtres modernes 

Si l’art ancien a été particulièrement plébiscité, de Fragonard aux peintres vénitiens du XVe siècle Antonio Vivarini et Giovanni d’Alemagna, dont une Annonciation s’est envolée à 896 800 euros chez Aguttes, le mois de juin a été ponctué de plusieurs enchères millionnaires enregistrées par les grands maîtres de l’art moderne. Le 17 juin à Paris, la maison Cornette de Saint Cyr dévoilait huit œuvres inédites de Frédéric Bazille (1841-1870), issues de la collection familiale. Cet ensemble exceptionnel, sans doute l’un des derniers de cette importance encore en mains privées, livrait un florilège de la palette de Bazille. Il jalonnait sa courte carrière, d’une Etude d’arbres, peinte à Fontainebleau autour de 1863, à un Autoportrait en chemise de 1870, pièce maîtresse de la vente. Ce tableau, probablement le dernier des quatre autoportraits réalisés par le peintre décédé à seulement 28 ans, a été adjugé 1,69 million d’euros à un collectionneur américain, établissant le second record pour une toile de l’artiste montpelliérain. Une composition florale est partie quant à elle pour 754 000 euros, acquise par un collectionneur asiatique, tandis que plusieurs lettres ont été préemptées par le musée Fabre et le musée d’Orsay.

A cette dispersion événement succédait le 22 juin à Marseille la vente d’une Jeune femme, fleurs dans les cheveux peinte par Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) autour de 1900. Ce portrait intimiste, passé entre les mains de Berheim-Jeune et Fleischteim, a pulvérisé son estimation, comprise entre 180 000 et 250 000 euros, trouvant preneur à 1,128 million d’euros, sous le marteau d’Emmanuel Dard. Quelques jours plus tard à Manosque, c’est un dessin historique d’Henri Matisse (1869-1954) qui s’envolait à 266 200 euros. Découvert dans le sud de la France par Jennifer Primpied-Rolland, il dévoilait une étude préparatoire pour un décor commandé par Nelson Rockefeller. A noter que l’art d’après-guerre enregistrait quant à lui un record mondial avec une toile du maître de la peinture informelle, Ladislas Kijno (1921-2012), adjugée 91 000 euros chez Versailles Enchères.

En savoir plus | Un portrait intimiste de Renoir aux enchères à Marseille

 

Un vase chinois de l’époque Yongle adjugé 4,5 millions d’euros

Avec les maîtres modernes, les ventes du mois de juin célébraient comme à l’accoutumée les arts asiatiques. Une encre et gouache sur soie du peintre vietnamien Mai Trung Thu (1906-1980) a trouvé preneur à 537 660 euros le 4 juin à Mâcon, tandis qu’un chef-d’œuvre du peintre indien Bishan Singh (1836-1900) a décuplé son estimation pour être adjugé 449 920 euros le 17 juin à Besançon. Représentant le Temple d’Or d’Amritsar, lieu sacré emblématique du sikhisme, cette gouache du XIXe siècle était caractéristique du style de Bishan Singh, célèbre pour ses scènes rituelles foisonnantes de détails. Le 19 juin à Clermont-Ferrand, un vase chinois de l’époque Yongle triplait quant à lui son estimation, trouvant preneur à 4,5 millions d’euros. Réalisée à l’aube du XVe siècle, cette pièce en porcelaine arborait un décor végétal d’un grand raffinement, témoignant des heures fastueuses de l’Empire chinois.

 

Succès inédit sur le live pour une vente de cartes Pokémon

Du côté des enchères live, une vente de rétrogaming a suscité l’émoi des internautes, totalisant 85 000 euros d’adjudications. Orchestrée par Léonard Pomez le 15 juin à Troyes, la vente dévoilait une collection de cartes Pokémon et Magic réunies par un joueur trentenaire, passionné depuis plus de vingt ans par l’univers de Satoshi Tajiri. L’emblématique carte Dracaufeu a été cédée pour 11 904 euros, tandis que les cartes Mewtwo et Florizarre, notées PSA 10 et estimées chacune entre 1 200 et 1 500 euros, atteignaient respectivement 10 292 et 8 680 euros. « Ce sont les meilleurs résultats jamais obtenus dans une vente aux enchères en France pour des cartes Pokémon » se réjouissait le commissaire-priseur d’Ivoire Troyes, à l’issue de la vente.

 

Découvrez notre sélection des résultats du mois de juin 2021 dans notre galerie en image ci-dessous. Au contraire de l’article, les prix de la galerie sont indiqués hors frais de vente.

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