Le 7 juillet 2014 | Mis à jour le 7 juillet 2014

Des guerriers de bronze et d’air

par Interencheres

Morceaux évidés comme effacés à la gomme, empâtements de matière pour souligner la reprise des traits du visage : les sculptures de Christophe Charbonnel ont l’apparence d’esquisses mises en volume. La comparaison est d’autant plus légitime que l’artiste, né en 1967, a d’abord été dessinateur puis modeleur 3D pour les studios Walt Disney à Montreuil. Il réalise un premier bronze à l’âge de 25 ans et gagne vite en notoriété, jusqu’à recevoir le Prix de sculpture de la Fondation Taylor en 2010.
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Maître Dominique Loizillon propose deux œuvres de Christophe Charbonnel le samedi 12 juillet 2014 à Compiègne. Un « Lion couché » d’allure plutôt classique, et le groupe « Cavalier et guerrier ». Ce dernier bronze est caractéristique des créations de l’artiste, qui mêle à la fois un vocabulaire antiquisant et une esthétique moderne. « Le sujet rappelle les chars romains en bronze doré d’Emmanuel Frémiet, sculpteur sous le règne de Napoléon III. Mais ici, le réalisme néo-classique fait place à une figuration toute autre, qui interroge la technique et le rendu des personnages. La matière est mouvementée, avec des manques volontaires par endroits, sur le flanc du cheval ou du guerrier. Cela donne une expression d’ébauche maîtrisée », détaille Maître Loizillon.

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Cette esthétique de l’inachevé, qui puise son origine dans l’expression italienne « non finito », était déjà pratiquée à la Renaissance par Michel-Ange. Auguste Rodin s’y est également essayé pour donner à ses sculptures des effets de matière bruts. Tout comme le maître du Penseur, Christophe Charbonnel fait vivre ses pièces par des rythmes de crevasses et d’empâtements qui évoquent des études préparatoires de dessin. La grande modernité de l’artiste est d’ailleurs de puiser son inspiration dans la bande dessinée, celle plus particulièrement d’Enki Bilal ou de Moebius et de leurs personnages, argonautes et gladiateurs au look futuriste.

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Le groupe « Cavalier et guerrier » a été édité en très petite quantité, à tout juste quatre exemplaires. La sculpture mise en vente est le deuxième numéro de cette série. Haute de 93 cm, la pièce est estimée entre 5 000 et 8 000 euros.

Lien vers l’annonce de cette vente aux enchères

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