Le 20 juin 2016 | Mis à jour le 20 juin 2016

Deux boîtes qui font mouche !

par Interencheres

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[Le lot du jour] Au XVIIIe siècle, mettre une mouche près de l’œil, sur le menton, sur le nez ou sous la lèvre indiquait que vous étiez respectivement passionnée, discrète, effrontée ou coquette. Mais le soir venu, lorsque les émotions se dissipent, que faire de cet esthétique rond de taffetas ou de velours noir ? Les dames de qualité conservaient leurs mouches dans de petites boîtes comme celles proposées à la vente samedi 25 juin 2016 à Albi et sur le Live d’Interencheres par Maître Philippe Amigues. « Retrouver la fonction précise de ces objets n’est pas aisé. Ces deux récipients pouvaient parfaitement accueillir des mouches, comme du tabac à priser ou des pilules… Mais compte tenu du raffinement de ces deux boîtes en or, l’une couleur olive en trompe l’œil et frises de perles et fleurettes et l’autre à décor de panier fleuri et bouquet de fleurs, elles devaient très certainement être destinées à des femmes », détaille le commissaire-priseur.

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Apportées par le même propriétaire, qui les avait acquises lors de deux ventes aux enchères au début des années 1980, ces boîtes sont l’œuvre des frères Charles et Pierre-Etienne Toussaint, célèbres orfèvres allemands du XVIIIe siècle. En 1752, ils s’installent à Hanau, qui était alors un important centre de production. « Le soin apporté à chacune de leurs pièces permet à Charles et Pierre-Etienne de se faire rapidement un nom. Les commandes se mettent à affluer, de plus en plus nombreuses, et plusieurs contrats sont signés avec des bijoutiers. L’un d’eux, un dénommé Etienne Flamant, demande aux frères Toussaint de lui fournir 160 boîtes par an. Or, les deux orfèvres prennent tellement de temps à travailler l’or, le guillochage et l’émaillage de leurs boîtes qu’ils n’arrivent pas à honorer ce dernier contrat… Un procès leur sera d’ailleurs intenté par le commanditaire », raconte Maître Amigues.
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Ces joyaux de la production des frères Toussaint, dont les boîtes en or comme celles-ci étaient la grande spécialité, sont chacune estimées de 2 000 à 3 000 euros. « La qualité de ces deux modèles égale largement celle des pièces exposées dans les collections de Cognacq-Jay, du Louvre, et du Metropolitan Museum of Art de New-York », précise le commissaire-priseur avant d’ajouter que les œuvres des Toussaint restent particulièrement rares sur le marché.

Lien vers l’annonce de vente des deux boîtes en or

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