Le 9 octobre 2013 | Mis à jour le 10 octobre 2013

Histoires d’ivoire

par Interencheres

Si ce matériau d’origine animale fascine, attire et éblouit les amateurs d’art, il captive également l’attention des professionnels du marché en raison de la stricte législation à laquelle il est soumis. Petit tour d’ivoires mis aux enchères en cette première quinzaine d’octobre 2013. 

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Lorsqu’il découvre pour la première fois les 200 ivoires apportés par sa cliente, Maître François-Xavier Allix est resté dubitatif. « Comme les œuvres en ivoire travaillées datant d’après 1947 ont toutes besoin d’un certificat pour être mises aux enchères, je me suis d’abord dit que ces statuettes, ces vases, ces fume-cigarettes et ces bijoux incontestablement contemporains nécessiteraient de lourdes démarches administratives ». Mais la vendeuse explique alors au commissaire-priseur havrais que ces ivoires lui viennent de son père, administrateur colonial en Oubangui-Chari (actuelle Afrique centrale), qui s’adonnait au commerce d’ivoire à côté de son travail administratif.

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« Cet adepte du négoce étant mort en 1955, j’avais néanmoins besoin d’un accord de l’administration concernée. Autorisation que j’ai obtenue puisque ces pièces ont été principalement collectées avant 1947 », détaille Maître Allix, qui dispersera donc en toute quiétude les 27 lots d’ivoire le lundi 14 octobre 2013 au Havre, pour des estimations oscillant de 100 à 250 euros. « Si les amateurs d’art africain devraient être intéressés, il en va de même pour les ivoiriers et les restaurateurs d’ivoire qui travaillent souvent en réutilisant la matière », ajoute le commissaire-priseur, avant de préciser que la très proche ville de Dieppe s’avère être justement un ancien centre ivoirier d’envergure, qui abrite encore quelques professionnels.

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Au XIXe siècle, après avoir fait escale dans le port de Dieppe, les ivoires poursuivaient leur route jusqu’au Japon. Les œuvres japonaises sculptées dans ce matériau précieux séduisaient un large public d’Occidentaux. « Les sculpteurs rivalisaient alors d’ingéniosité et de raffinement comme le montre la collection d’okimono que nous allons disperser vendredi 11 octobre à Paris », précise Maître Olivier Valmier. Le commissaire-priseur de la maison AuctionArt tient à ajouter que les pièces ont toutes été sélectionnées par le célèbre artiste chinois Lü Xiaguang (1906-1994), qui travailla longtemps en France, notamment comme marchand d’art.

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Parmi ces minutieuses statuettes réalisées pendant l’ère Meiji (1868-1912), donc exemptes de certificat, Maître Valmier confie avoir une préférence pour la langouste articulée : « Longue de 30 centimètres, cet animal grandeur nature peut se mouvoir comme un vrai. Entièrement réalisé en ivoire, jusqu’aux articulations qui tiennent avec de petites tiges d’ivoire, il montre la très grande technicité dont faisaient preuve les sculpteurs japonais », s’enthousiasme le commissaire-priseur avant d’indiquer que l’estimation de la langouste est de 3 000 à 4 000 euros. Estimés de 150 à 5 000 euros, ces okimono devraient séduire tous les amateurs d’art asiatique… sauf les Chinois, qui se concentrent habituellement sur les créations provenant de leur pays d’origine.

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Par contre, Pékin et le reste de la Chine auront très prochainement les yeux rivés sur la ville de Toulon. Le samedi 12 octobre 2013, Maîtres Richard Maunier et Thierry Noudel-Deniau mettront aux enchères une défense d’éléphant sculptée à décor de scènes de palais animées et surmontée d’un bouddha. « D’ordinaire, les défense de ce type mesurent en moyenne entre 50 et 60 centimètres. Or, ce travail cantonais du début du XIXe siècle est long de plus d’un mètre », expose Maître Noudel-Deniau. Si l’estimation de cette défense très finement sculptée tourne autour de 1 500 euros, il y a des chances que l’opiniâtreté réputée des acheteurs chinois fasse exploser l’adjudication !

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Lien vers l’annonce de vente du Havre

Lien vers l’annonce de vente de Paris

Lien vers l’annonce de vente de Toulon

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