Le 20 juin 2018 | Mis à jour le 23 juin 2018

La nouvelle passion de François Fillon pour les enchères !

par Magazine des enchères

Il y a encore un an, François Fillon n’avait jamais poussé la porte d’une maison de ventes. Pour lui, les enchères étaient réservées aux initiés et les lots s’envolaient à des prix certainement inaccessibles… Mais depuis qu’il a assisté à sa première vacation, une véritable passion est née ! Le néophyte, acheteur d’une quinzaine de lots en seulement 3 dispersions nous a reçu chez lui, pour nous présenter ses trouvailles et se confier sur cette  nouvelle « source d’enrichissement personnel ». Poussons à notre tour la porte d’entrée d’un homonyme de l’homme politique et ancien Premier ministre.

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Le rendez-vous est donné à quelques encablures de la place des Vosges, en plein cœur de Paris. A contre courant des torrents de pluie qui s’abattent sur cette froide journée d’hiver, François Fillon arrive en souriant, enthousiaste à l’idée d’apporter son témoignage de jeune enchérisseur. « Je suis devenu dingue des enchères en seulement quatre ventes ! Pour ma toute première vacation au printemps 2017, je n’ai rien acheté. C’est ma sœur qui m’a proposé d’entrer dans la salle des ventes de Roanne, notre ville d’origine, attirée par les tableaux présentés en devanture. Je m’attendais à des prix totalement exorbitants, mais les adjudications restaient plutôt accessibles, surtout pour des meubles, des objets d’art et des tableaux uniques, et qui avaient tous une histoire. Les aprioris que je pouvais avoir sur cet univers volaient en éclat, comme brisés un à un par les coups de marteau du commissaire-priseur. Sa bonne humeur, son entrain, son dialogue permanent avec la salle tranchaient avec l’ambiance protocolaire et intimidante à laquelle je m’attendais. J’étais déterminé à assister de nouveau à ce véritable spectacle, mais cette fois-ci en temps qu’acteur-enchérisseur ».

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François Fillon ouvre alors la porte de son appartement et s’avance dans un salon lumineux, coloré par une galerie de tableaux aux teintes franches et vives, et aux touches impressionnistes. « Mais vous avez des Monet dans votre appartement ! », s’est exclamée une connaissance venue d’Australie lorsqu’elle est entrée chez moi, et avant même que j’ai pu lui répondre, elle faisait déjà un selfie devant mon mur », se souvient l’hôte amusé, en expliquant qu’à une lettre près l’Australienne aurait pu avoir raison puisque l’auteur de ces toiles se nomme Montet. « Je connaissais Maurice Montet (1905-1997) depuis toujours parce qu’il est également originaire de Roanne, et que mon père le fréquentait. Son travail a été salué par de nombreuses expositions internationales. Pour mes 18 ans, mes parents m’ont offert deux de ses tableaux et, touché par leur démarche, l’artiste m’a fait don d’une troisième œuvre, représentant une roulotte. Aussi lorsque j’ai vu que la salle de ventes de Roanne proposait un tableau de Montet aux enchères, je me suis mis en tête de l’acquérir ! »

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L’homonyme de l’ancien Premier ministre est donc déterminé à enchérir lors de la prochaine vacation de la maison roannaise. Il regarde attentivement toutes les photos des lots publiées sur Interencheres : « il y en avait tellement qui m’intéressaient ! Je me suis donc fixé un prix maximum pour chacun d’eux, en tenant compte des frais acheteur qui se rajoutent au montant d’adjudication. » L’enchérisseur est soulagé, il a remporté la toile tant convoitée de Montet à 220 euros prix marteau : « Elle représente une femme ensommeillée ou ivre, assise à une table de bistrot. L’artiste a beaucoup peint les cafés, c’est l’une de ses thématiques phares. J’étais vraiment ravi de pouvoir acquérir une œuvre de cette série. » Mais la litanie des enchères se poursuit déjà, un nouveau lot est mis en vente toutes les 2 minutes environ. François Fillon lève la main à l’appel des objets qui l’intéressent, en respectant à chaque fois jusqu’à son maximum. « Lorsque les prix s’envolent au-delà, je m’incline. Sans regret. Aucun d’eux ne m’est indispensable. Je me reporte sur le prochain numéro. Mais dès que je remporte un lot, la montée d’adrénaline est immédiate et jubilatoire ! »

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Lors de cette première vente en tant qu’enchérisseur, François Fillon aura obtenu pas moins de 6 lots. Parmi eux, figure une eau-forte adjugée 40 euros au marteau réalisée par Montet et représentant le peintre Jean Puy, autre artiste incontournable de la région roannaise. Il y aussi le portrait d’un garçon monté sur une chèvre adjugé à 140 euros : « un magnifique pastel de 1881 représentant un petit prince qu’on attendrait plutôt sur un cheval ! », s’amuse son nouveau propriétaire. Il détaille ensuite deux autres de ses acquisitions : une huile sur panneau achetée à 50 euros représentant un jeune garçon souriant – « il a le même sourire que mes filles quand elles étaient petites » -, et un buste de fillette en terre cuite à 160 euros « que j’appelle Mathilde tant elle me rappelle mon aînée.  » Dans l’appartement parisien, sa « Mathilde » de faïence est installée sur une étagère de la cuisine et regarde du coin de l’œil la gravure de Jean Puy. Le « petit prince à la chèvre » a trouvé sa place dans le couloir, et la femme du bistrot s’est attablée sur le grand mur bleu foncé du salon, qui met parfaitement en valeur les couleurs chatoyantes et tranchées des Montet accrochés.

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Le dernier lot acquis lors de cette vente se trouve au-dessus de son lit. Il s’agit d’une huile sur toile remportée à 230 euros au marteau et représentant une scène rurale dans laquelle François Fillon retrouve tous les éléments du pays roannais : des vaches aux fermes traditionnelles, jusqu’à l’éclaircie qui tente de percer les tourments du ciel. « A l’origine, je pensais mettre du papier-peint dans ma chambre. Mais je trouve ce tableau tellement fort visuellement, qu’il décore la pièce à lui seul. Ce paysage me rappelle ma région d’origine, et me donne l’impression d’être ici depuis toujours. Et pourtant je viens d’emménager dans cet appartement il y a à peine un an ! Mais les tableaux et les objets acquis aux enchères me permettent de me sentir chez moi. Je m’étais dit d’ailleurs en m’installant que les meubles suédois standardisés et les autres équipements uniformisés que j’avais achetés étaient trop informels… Il manquait des objets qui aient une âme. Les enchères m’ont permises de les découvrir. »

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Depuis cette vente de juin 2017, François Fillon est retourné à deux autres vacations à Roanne. Mais les enchères l’ont poursuivies jusqu’à Paris, et même dans son quotidien ! « Je me documente sans cesse sur les artistes et les ébénistes que j’ai découvert dans les ventes. J’ai acheté des livres pour comprendre les styles et les époques, je me rends également dans les musées pour faire des connexions entre toutes les disciplines : peinture, mobilier, arts décoratifs… Comme à Marmottan où je n’ai pas vraiment pris le temps de regarder la collection de tableaux de Monet, en lui préférant le mobilier Empire de cet hôtel particulier. Les enchères sont une source d’enrichissement personnel, elles m’ont ouvert sur le monde de l’art », confie celui qui ne peut désormais pas s’empêcher de regarder attentivement les tableaux et les mobiliers des restaurants et des hôtels où il se trouve, puis de demander de quand ils datent et où ils ont été acquis… Sa curiosité le poursuit jusque chez le médecin : « Je consulte le même généraliste depuis 8 ans, et ce n’est que cette année que nous avons parlé de notre goût commun pour les antiquités, qui peuplent son cabinet ». Sur son mobile également, François Fillon passe des heures déraisonnables à éplucher les catalogues de ventes sur Interencheres, pour découvrir les prochains lots proposés à Roanne, mais également sur Instagram pour échanger avec d’autres passionnés de tableaux, d’objets anciens et de décoration… En voulant nous montrer la dernière photo qu’il avait postée sur son compte, celle d’un secrétaire Louis XVI acheté 400 euros lors d’une vente en octobre, François Fillon nous confie qu’il a également choisi cette image comme fond d’écran de son smartphone : « Il y a encore quelques semaines je mettais des photos de mes filles en image d’accueil, maintenant je mets celles de mes acquisitions aux enchères ! »

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Le panier de François Fillon : sélection de lots achetés à l’hôtel des ventes de Roanne en 2017

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