Le 13 janvier 2014 | Mis à jour le 13 janvier 2014

L’art vidéo sous les projecteurs

par Interencheres

Entre cinéma et documentaire, l’art vidéo fait son entrée à Paris le mercredi 29 janvier 2014 lors d’une vente aux enchères organisée par Maître Vincent Wapler. Cassettes VHS, films 16 mm, 35 mm, ou encore DVD, il est temps de ressortir vos magnétoscopes et projecteurs ! En 2014, une nouvelle tendance se projette en salle des ventes… 

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« #ARTVIDEO », pourquoi cette formule empruntées aux réseaux sociaux s’est immiscée dans votre calendrier des ventes ? Le mercredi 29 janvier 2014, jour de l’anniversaire de la mort de Nam June Paik (1932-2006), fondateur d’une pratique plastique née dans les années 1960, une vente aux enchères est pour la première fois intégralement dédiée à l’art vidéo. Pour les collectionneurs les plus pointus, c’est l’avènement d’un art oublié du marché ; pour les amateurs, l’occasion d’acquérir de nouveaux objets fascinants.

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Parmi la centaine de lots proposés à la vente, des vedettes du médium seront représentées comme le français Fabrice Hyber ou encore Tony Oursler dont les poupées sur lesquelles sont projetées d’inquiétants visages font sa renommée depuis les années 1990. Les jeunes acteurs du domaine seront également présents : Samuel Rousseau place un écran au cœur d’un fauteuil éventré, Pierrick Sorin expose ses autoportraits et Bérangère Hénin ironise sur le monde contemporain avec la vidéo « Yo MoMA », une version histoire de l’art d’un « battle », confrontation issue de la culture hip-hop entre deux jeunes rappeurs.

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L’objectif de cette première vente est de mettre en lumière un médium encore méconnu. Maître Vincent Wapler, convaincu par l’écrivain et critique d’art Michel Nuridsany, cherche ainsi à édifier à la vidéo une place de choix sur le marché. Car si de nombreuses foires spécialisées se consacrent aujourd’hui à sa représentation, l’art vidéo est encore peu présent dans les ventes aux enchères.

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Cette pratique plastique n’est pourtant pas une nouveauté. Née au début des années 1960, elle influencera de nombreux courants contemporains de la performance à l’art conceptuel en passant par le minimalisme. Aujourd’hui reconnu par les plus grandes institutions telles que le centre Georges Pompidou qui lui consacre une collection (« Collection nouveaux médias »), la vidéo passionne les plus grands collectionneurs de formes contemporaines. « L’occasion est surtout donnée d’ouvrir le débat sur les droits de propriété dans un contexte économique où les artistes vidéo sont aujourd’hui leurs propres mécènes », nous précise Arnaud Brument, expert de la vente-évènement. Un partenariat est mis en place pour l’occasion : la chaîne télévisée Souvenirs from Earth permettra le visionnage d’extraits de nombreuses pièces avant la vente (une retranscription sera également disponible en ligne via www.sfe.tv/venteartvideowapler).

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Lors de l’exposition, de nombreux dispositifs seront mis en place afin d’offrir aux visiteurs des conditions de visionnage confortables et propices à la découverte. Car bien plus que l’objet vidéo, la plupart des lots proposés à la vente seront confiés aux acheteurs avec leur version convertie au format numérique. Au catalogue : 110 artistes seront représentés par la maison de vente aux enchères de Maître Wapler, des œuvres numérotées et signées avec les certificats d’authenticité, de quoi garantir l’originalité des pièces aux collectionneurs. Ouvrant la voie aux futures ventes d’art vidéo en France, l’objectif de la vacation organisée à l’hôtel Drouot est aussi celui de toucher un public le plus large possible. Si la pièce la plus chère présente une estimation de 100 000 euros, un autre lot s’élève à seulement un euro ! Les deux sont l’œuvre d’un même homme : Fred Forest, pionner du médium sur le territoire. Avec une cassette VHS de Fabrice Hyber estimée de 100 à 150 euros ou encore un original CD-Rom au format d’une carte de crédit signé Pipilotti Rist entre 400 et 500 euros, de nombreuses pièces d’artistes reconnus sont proposées à des prix abordables, de quoi donner envie à tous de collectionner l’art vidéo ! « Il ne s’agit pas de faire une vente élitiste » s’enthousiasme Arnaud Brument, avec une fourchette de prix extrêmement large, l’art vidéo s’annonce comme une nouvelle tendance vintage du marché. Avis aux nouvelles générations, le VHS représente peut être votre madeleine de Proust… A l’heure où l’avancée technologique semble sans limites, dans les salons du futur, les écrans plats auront probablement leur place aux côtés des tableaux anciens et au dessus des cheminées.

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Lien vers l’annonce de vente

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