Le 20 septembre 2017 | Mis à jour le 3 juillet 2018

Le CCCOD de Tours se transforme en salle des ventes

par Diane Zorzi

Depuis que le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré (CCCOD) de Tours s’est installé en mars 2017 dans ses nouveaux locaux, imaginés par l’agence d’architectes Aires Mateus, plus de 40 000 entrées ont été enregistrées. Un succès qui s’explique par la qualité des expositions qui s’y sont succédées, avec à l’honneur la Norvège à travers les créations contemporaines du sculpteur Per Barclay (du 11 mars au 3 septembre) ou du peintre abstrait Olivier Debré (du 11 mars au 17 septembre). Vendredi 22 septembre 2017, des œuvres de la jeune scène internationale mais aussi d’artistes confirmés investiront à leur tour cet écrin spectaculaire, où elles seront exposées puis dispersées aux enchères. Tour d’horizon de la vente à travers nos trois coups de cœur…

 

Le visage de Marcel Duchamp

« Nous commencerons la vente avec une pièce unique, commente Maître Aymeric Rouillac qui tiendra le marteau. Je n’en avais jamais vu de telle jusqu’alors ». On imagine l’enthousiasme du commissaire-priseur à la découverte de ce moulage, portant les traits du père de l’art conceptuel.

L’œuvre fut confectionnée en 1941 par Georges Henriques-Raba avec qui Marcel Duchamp partagea de nombreuses parties d’échecs. Captivé par la physionomie et le charisme de son illustre adversaire, l’artiste mouleur fixa l’empreinte en glaise de son visage avant de fabriquer un moule en plâtre et de le remplir de ciment coloré et de pigment en terre cuite. Maladroitement exécuté, présentant quelques imperfections aux joues et au nez, ce masque troublant estimé 10 000 euros fut exposé au deuxième Salon de l’Art vivant à Toulon en 1942.

Cette œuvre touchante évoque les masques mortuaires réalistes destinés à conserver la trace d’un défunt. A travers ce visage impassible, on devine ainsi l’assurance d’un artiste volontiers provocateur, qui bouleversa les codes avec son urinoir et marqua profondément l’histoire de l’art moderne.

 

 

 

 

 

Le refuge norvégien d’Olivier Debré

Difficile d’imaginer une vente au CCCOD sans les œuvres d’Olivier Debré (1920-1999). Une encre de Chine, des illustrations et une huile sur toile seront ainsi proposées à la vente. Cette dernière, estimée entre 10 000 et 15 000 euros, évoque « Lysne », la propriété familiale norvégienne où le peintre abstrait se réfugie les soirs d’été après avoir peint dans les montages et vallées de Laerdal. Mêlant des traînées bleues et vertes presque fluo à des nuances de gris, l’artiste dévoile ici une végétation luxuriante en proie aux intempéries. Attaché à la Touraine, Olivier Debré la quittait toutefois régulièrement pour la Norvège où il produisit de nombreuses œuvres. La toile fait ainsi écho à l’exposition « Olivier Debré, un voyage en Norvège » qui prendra fin ce dimanche 17 septembre au CCCOD, quelques jours avant la vente.

Provenant d’une collection particulière norvégienne, l’œuvre habillait d’ailleurs les murs du CCCOD du 11 mars au 3 septembre 2017. En effet, elle faisait office d’introduction à l’installation éphémère de Per Barclay (né en 1955). Ce sculpteur norvégien présentait une impressionnante Chambre à huile et rendait dans le même temps hommage au peintre abstrait. Fervent admirateur, il découvre pour la première fois en 1976 le Petit Lysne gris, exposé alors à la Galleri Ingeleiv à Bergen (Norvège). Véritable choc, c’est cette expérience esthétique marquante qui le conduisit à embrasser une carrière artistique.

 

 

La Chambre à huile de Per Barclay

Pour ceux qui auraient raté la Chambre à huile, cette photographie prise par Per Barclay en offre un aperçu. On y découvre un sol abyssal recouvert d’huile noire, faisant ainsi apparaître en reflet un espace inversé. Ce jeu de miroirs cher à l’artiste, consistant à métamorphoser les bâtiments alentours, annihile tout repère pour laisser pleinement s’exprimer l’imaginaire. Cette installation est caractéristique du travail du sculpteur à la renommée internationale.

Familier du centre tourangeau où il a exposé à plusieurs reprises depuis 2006, l’artiste a souhaité offrir ce tirage numérique pour qu’il soit vendu au profit de l’atelier des enfants du CCCOD.

Mis à prix à 5 000 euros, il sera proposé à la vente sans aucun frais et pourra servir à développer les activités pédagogiques déjà nombreuses du centre.

 

Lien vers l’annonce de vente

 

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