Le 20 mars 2014 | Mis à jour le 20 mars 2014

Le masque de la Cité des Dieux

par Interencheres

[Lot du jour] Un masque en pierre verte provenant de la grande métropole de Teotihuacan sera mis aux enchères par la maison Binoche et Giquello lors de sa vente d’art précolombien du vendredi 28 mars 2014 à Paris.     .

Lorsque les Aztèques découvrent dans l’état de Mexico une immense cité s’étendant sur plus de 20 km2, à l’urbanisme orthogonal et dominée par deux immenses pyramides, ils croient avoir découvert le lieu de résidences des dieux. Ils surnomment ainsi la ville Teotihuacan, qui signifie « Cité des dieux ». La civilisation éponyme qui a construit cette grande métropole s’est effondrée plusieurs siècles plus tôt, vers 650 après J.-C., après une longue période de rayonnement politique, économique et artistique sans précédent dans l’histoire du Mexique. Ses influences se sont ressenties jusque dans l’art maya, à plus de 1 000 km de là. L’art de Teotihuacan se distingue par une sobriété et une horizontalité qui reprennent les caractéristiques architecturales de la cité, notamment dans les masques en pierre anthropomorphes, objets récurrents dans l’art de cette civilisation.

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Un exemplaire bien conservé de ces masques passera sous le marteau de Maîtres Jean-Claude Binoche et Alexandre Giquello, à Paris le vendredi 28 mars 2014. En pierre verte, il mesure 20 cm de haut et présente tous les traits stylistiques propres à l’art de Teotihuacan : un visage trapézoïdal qui s’élargit vers le haut, avec un front plat et fuyant. Les sourcils droits sont marqués en léger relief et se prolongent vers le nez à l’arrête saillante et à la base large, alors que les yeux et la bouche sont étirés horizontalement et creusés dans la pierre. Ils étaient incrustés de pierre ou de coquillage, comme certains exemplaires le montrent encore. Les oreilles sont comme toujours percées d’un petit trou laissant supposer qu’elles étaient ornées de pendants d’oreilles. L’arrière du masque est légèrement creusé et présente deux trous de suspension de chaque côté du front et du menton. La finesse du travail de la pierre montre l’habilité et la grande spécialisation des artisans de Teotihuacan, révélant la puissance de la cité et de ses dirigeants capables d’organiser et de structurer ainsi le travail des masses.

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La pierre dure étant très lourde, ce type de masque ne pouvait être porté par des hommes mais il était certainement posé sur des statues dans le cadre de cérémonies ou peut-être employé comme masque funéraire sur le visage ou au côté des défunts. Provenant de l’ancienne collection Monte Carlo, notre masque est estimé 300 000 à 350 000 euros.

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