Le 1 octobre 2013 | Mis à jour le 1 octobre 2013

Les alliances au placard à Uzès

par Interencheres

[Lot du jour] Selon la coutume uzétienne, une armoire peinte est réalisée pour chaque mariage, symbole de l’heureux évènement de l’union maritale. Ce fut le cas pour Jacques Bouet et Madeleine Danger, officialisant le 23 novembre 1702, l’union entre deux familles : issue de la nouvelle bourgeoisie pour la première, ancrée dans la région d’Uzès depuis le XVIe siècle pour la seconde. Ce véritable joyau patrimonial sera mis en vente le samedi 5 octobre 2013 sous le marteau de Maîtres Pierre Champion et Françoise Kusel,  à l’hôtel des ventes de Nîmes et en direct sur Interencheres Live.

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Figurant dans l’inventaire familial dressé le 11 avril 1737, l’histoire de ce meuble est aisément retracée. Léguée à Marguerite Bouet en 1736 par testament suite au décès de l’époux, l’armoire reste entre les mains de la famille pendant plus de trois cents ans, jusqu’en 1991, date de son acquisition par son propriétaire actuel. 

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Présentée dans son état d’origine, le décor de la pièce n’a fait l’objet que d’un seul nettoyage, offrant des ornements d’une grande qualité. Sur les vantaux, les initiales des époux J.B.M.D s’enchevêtrent à travers des entrelacs d’or à la manière d’une estampille familiale. La tradition uzétienne voulait que ces cabinets constituent une dot aux futures épouses des familles les plus aisées, destinés à recevoir leur trousseau. Mais si l’armoire symbolise principalement l’union maritale, d’autres indices iconographiques, comme la présence de rubans vermillon, évoqueraient la conversion au catholicisme de ces familles protestantes.

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L’opposition entre la simplicité de conception et la richesse de l’ornementation de l’armoire d’Uzès est typique de l’expression artisanale italienne. La présence de ce mobilier dans une région où règne l’austérité n’est pas anodine : elle serait due à l’amitié existante entre Catherine de Médicis et la duchesse d’Uzès de l’époque.

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Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, l’artisanat d’art marque la région, établissant une tradition ayant traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui, dont le meuble peint représente une référence. D’un fond noir ou d’un ton très sombre, le décor de cet emblème régional réunit avec sobriété couronnes, chiffres, rubans et palmes.

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Six armoires du même genre ont été identifiées dans la région, trois se trouvent dans les collections du musée d’Uzès, les autres chez des particuliers. La présence de si peu d’exemplaires révèle la rareté de celle qui sera vendue en ce début du mois d’octobre, « il n’y a pas de références de prix pour un meuble aussi rare, souligne Maître Kusel, nous ne serions pas étonnés qu’elle parte entre 30 000 et 50 000 euros ».

 Lien vers l’annonce de la vente

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