Le 6 novembre 2015 | Mis à jour le 9 novembre 2015

Les cigognes de Cheuret illuminent les enchères

par Interencheres

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[Lot du jour] « Une œuvre haut-de-gamme de l’Art déco et mondialement connue ». Après une telle déclaration, il semble qu’il n’y ait rien à ajouter. Pourtant l’expert Emmanuel Eyraud ne tarit pas d’éloge à l’encontre de ce lustre signé Albert Cheuret (1884-1966) proposé par Maître Philippe Duplessis le dimanche 15 novembre 2015 à Sens et sur le Live d’Interencheres.
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Faisan, chouette, paons, ibis : Cheuret aime traiter le thème de l’oiseau dans ses luminaires, les formes des ailes se prêtant assez bien au format. Ce lustre ne déroge pas à la règle puisque l’artiste y représente trois cigognes stylisées dans ses deux matériaux de prédilection, le bronze pour le corps et l’albâtre pour les ailes. Les volatiles se rejoignent par le centre autour d’un bloc central, semblable à un rocher, également en albâtre. « La grande qualité de ce lustre, explique l’expert, réside dans l’utilisation de l’albâtre en tant que constituant de la structure et canal de diffusion de la lumière : l’éclairage fait partie intégrante du motif. Les dimensions (88 cm de diamètre) sont quant à elles particulièrement spectaculaires. Mais cette envergure, visuellement très impressionnante, est adoucie par la légèreté du sujet et la souplesse de ces cigognes qui semblent planer. »
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Outre ces qualités formelles, la provenance laisse elle aussi rêveur : « Enfant, l’actuel propriétaire de cette œuvre se rendait régulièrement dans l’atelier parisien de l’artiste avec son père. Ce dernier et Cheuret étaient devenus très proches grâce à leurs épouses respectives, amies d’enfance et originaires d’un petit village du Loiret, confie Emmanuel Eyraud. C’est ainsi qu’en 1936 le père du vendeur commanda à Cheuret ce lustre et le reçut deux ans plus tard. Et là réside une autre des qualités de cette œuvre : alors que la plupart des pièces de Cheuret passées sur le marché depuis vingt-cinq ans sont des éditons modernes, celle-ci date de 1938 ! »
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En juin 2014, une œuvre similaire avait dépassé les 130 000 euros sur le marché new-yorkais. Il faut donc espérer que notre lustre estimé 80 000 – 120 000 euros déchaînera lui aussi les passions, d’autant que la maison de vente a déjà été approchée par de nombreux enchérisseurs français, européens et américains. « Il s’agit sans doute de sa suspension la plus aboutie, conclut Emmanuel Eyraud. Elle serait du plus bel effet dans l’intérieur Art déco d’un initié, à côté d’un Ruhlmann ou d’un Chareau. » Une ambiance bien différente de celle de la petite maison de campagne du Loiret dans laquelle l’œuvre est restée toutes ces années.
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De même provenance, une grande applique de Cheuret sera également proposée lors de la vente. Figurant un grand rapace aux ailes déployées tenant dans son bec un serpent, elle reprend les mêmes matériaux que le lustre, mais dans un style davantage naturaliste. Estimation : 15 000 à 20 000 euros.

 

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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