Le 20 septembre 2013 | Mis à jour le 23 septembre 2013

La révolution des jouets sous Napoléon III

par Interencheres

Poupées, soldats de plomb, dinettes, chevaux à bascule…  Maître Sylvie Teitgen vous ouvre son coffre à jouets le 22 septembre 2013 à Plombières-les-Bains, dans les Vosges. Tous les lots présentés datent du Second Empire, époque où les joujoux ont fait leur entrée dans les chambres d’enfants ! 

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Le développement du chemin de fer, les travaux parisiens du baron Hausmann, l’invention de la pasteurisation… La France du Second Empire a connu bien des bouleversements. L’une des plus profondes mutations sociales alors enregistrées  reste… la démocratisation des jouets ! « Sous Napoléon III, les poupées, les soldats de plomb et autres chevaux à bascule ne sont plus l’apanage des élites, et viennent progressivement remplir les chambres des enfants bourgeois », explique Maître Sylvie Teitgen, qui dirigera une vente aux enchères dédiée aux jouets de cette époque le dimanche 22 septembre 2013 à Plombières-les-Bains, dans les Vosges.

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« Etonnamment, c’est aux religieux que l’on doit cette propagation des jouets ! », poursuit la commissaire-priseur de Nancy. « Les Jésuites se sont mis en effet à se servir des jouets pour susciter des vocations. Grâce aux petites voitures et aux charriots les garçons s’initient à la vitesse, et à l’art de la guerre par le biais des soldats et autres véhicules militaires miniaturisés. Quant aux fillettes, le rôle de femme au foyer, voire éventuellement d’infirmière ou d’institutrice, leur est enseigné par le biais des dinettes, des poupées et des nécessaires à couture…

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Organisée dans le cadre des journées impériales de la ville – à la mémoire de Napoléon III qui séjournait régulièrement à Plombières-les-Bains en son temps – la vente rassemble du mobilier et des jouets de l’époque Napoléon III. « Pour l’occasion, nous allons reconstituer à l’aide des lots présentés au catalogue deux chambres d’enfants dans le casino de la ville. Tous les week-ends de septembre, le public pourra ainsi découvrir cette mise en scène, et se mettre dans la peau d’un enfant au Second Empire », renchérit Maître Teitgen.

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Des poupées en porcelaine (estimées de 20 à 2 000 euros), des services de dinettes, des robes anciennes brodées (estimées de 60 à 100 euros), se trouveront notamment dans la chambre de fille. Tous ces jouets seront installés autour d’une travailleuse en bois noirci (estimée de 600 à 800 euros), un matériau alors très répandu. « La mode était alors aux bois sombres, comme l’ébène. Mais compte tenu du prix élevé de cette essence, les fabricants ont eu l’idée de recouvrir des meubles en bois classiques d’une laque foncée. Des incrustations de nacre et d’écaille venaient ensuite égayer le sombre mobilier », explique la commissaire-priseur.

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Dans la chambre de garçons seront exposés les armures, les chars en bois peint, les jouets en taule et un cheval à bascule, très répandu sous Napoléon III, car il s’agissait de l’animal préféré de l’Empereur. Les petits garnements en culottes courtes raffolaient également des joujoux en papier mâché, tous fabriqués à Pont-à-Mousson. C’est dans cette usine lorraine que ce matériau à base de carton bouilli et de colles fut inventé. Largement diffusés au début du XXe siècle, les jouets et les objets de décoration en papier mâché étaient aussi solides que du bois. La vente présente notamment un lot de plusieurs plumiers et boites en papier mâché pour une estimation de 30 à 50 euros.

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« Tous les jouets d’époque mis aux enchères proviennent de maisons et de greniers de la région, précise Maître Teitgen. Il y a des chances que certains d’entre eux aient eu la chance d’apercevoir l’Empereur en personne ! »

Lien vers l’annonce de vente

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