Le 15 mars 2016 | Mis à jour le 17 mars 2016

Les mille et un bambins de Germaine Bouret

par Interencheres

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Même s’ils fument, s’ils boivent de l’alcool, jurent et s’expriment en argot, il est impossible de résister aux bonnes bouilles de ces canailles ! L’univers enfantin et décalé de leur auteur, qui séduisit Walt Disney en son temps, continue de passionner les amateurs. Samedi 19 mars 2016, une vente hommage aura lieu à Marseille et en direct sur le Live.

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[Vente à venir] Avec leurs yeux rieurs, leurs bonnes joues et leurs bouclettes blondes, les enfants croqués par Germaine Bouret (1907-1953) attendrissent tous ceux qui les regardent. Mais en les observant de plus près, force est de constater que ces charmants bambins s’avèrent forts mal élevés : ils fument, ils boivent de l’alcool, ils jurent et s’expriment en argot ! « Approche que j’allume ta bouffarde… », lance un adorable blondinet à son chien en lui tendant du feu pour allumer sa pipe. « J’te joue la poule !… », dit ce garçonnet à son camarade de dés en parlant de la jeune fille accoudée au comptoir du bar, à côté d’eux. Dans un wagon, une fillette hilare aide son toutou à se cacher dans son panier : « Fourre-toi là-dedans, le contrôleur n’y verra que du bleu ! » Et la liste des facéties de ces canailles est encore longue… Près 540 saynètes illustrées par la célèbre dessinatrice seront mises aux enchères samedi 19 mars 2016 par l’Hôtel des ventes Méditerranée à Marseille et sur le Live d’Interencheres.

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Saluée par Walt Disney en personne, qui la considérait comme « la meilleure dessinatrice du XXe siècle », Germaine s’occupait des dessins tandis que son frère jumeau Marcel écrivait les légendes. Le décalage entre les innocentes bouilles de ces chérubins et leurs postures d’adultes (lisant le journal les lunettes visées sur le nez, en train de chasser, d’exercer le métier de médecin, de négocier au marché…) a fait le succès du travail de ce duo familial.

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Les estampes, les cartes postales, les dessins et les revues proposés à la vente proviennent tous de la même collection : celle d’un de ces chérubins crayonnés ! En 1941, les parents du petit René souhaitent demander à leur voisine de dessiner leur fils. Il faut dire que la femme qui réside juste en-dessous de chez eux, dans leur immeuble du vingtième arrondissement à Paris, n’est autre que Germaine Bouret. Son univers enfantin et décalé est alors connu de tous les Français, notamment grâce à ses nombreuses publicités (Nestlé, Blédine, Petit Bateau, Lesieur, Vitteloise…). La dessinatrice accepte de dessiner le garçon scelle ainsi une longue amitié avec ses parents. A l’âge adulte, René s’est mis à collectionner les dessins de l’illustratrice. Membre actif de l’association « Les amis de Germaine », il a décidé aujourd’hui de confier une grande partie de son ensemble à la vente, dont son propre portrait (estimé 1 500 à 2 000 euros).

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Une première vacation dédiée au travail de l’artiste avait déjà eu lieu en 2002 à l’Hôtel des ventes Méditerranée. Même si, depuis, ses illustrations se retrouvent régulièrement aux enchères, une vente de cette envergure apparaît comme un événement exceptionnel. Les estimations attractives (à partir de quelques dizaines d’euros) devraient inciter les amateurs à adopter un ou deux de ces charmants bambins !

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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