Le 16 juillet 2014 | Mis à jour le 16 juillet 2014

Les ours mal léchés du Douanier Rousseau

par Interencheres


.
[Le lot du jour] C’est un tableau inédit du Douanier Rousseau que la Maison de vente Thierry-Lannon et Associés mettra aux enchères le samedi 19 juillet à Brest. L’œuvre, en marge des traditionnelles jungles luxuriantes peintes par l’artiste Naïf, a été découverte chez une famille bretonne en 2008 et a reçu l’aval des experts.

.
Loin sont les tigres à l’affût dans les bosquets aux fruits colorés. Ailleurs sont les forêts tropicales verdoyantes. Ici, l’œuvre représente un combat acharné entre deux ours et un chasseur à cheval, isolés dans une clairière, plombée sous un ciel orageux. A ce jour, c’est seulement la deuxième représentation connue de l’ours par Henri Rousseau.
.

.
Cette huile sur papier marouflé sur carton-toile, de petites dimensions (20,2 par 24,7 cm) est estimée entre 40 000 et 60 000 euros. Maître Gilles Grannec la présente comme « hors norme, aussi bien dans le sujet que dans sa composition. Le peintre a représenté un combat où se mélangent humains et animaux, à la manière des peintures de Delacroix. Cependant, le style montre déjà certains traits que le peintre reprendra plus tard dans ses sujets exotiques, notamment les yeux écarquillés ».
.
Eric Schoeller, qui a expertisé l’œuvre, évoque d’autres rapprochements : « Les mâchoires grandes ouvertes et les contrastes francs entre les couleurs sont aussi caractéristiques du peintre. Mais l’aspect plus sec de la facture permet de la dater très tôt dans sa carrière, vers 1880. »
.
Outre les lignes un peu naïves qui vaudront au « Douanier » la moquerie de quelques-uns et la reconnaissance des plus grands, citons entre autres Picasso et Delaunay, le peintre inaugure déjà son goût pour l’imaginaire. Henri Rousseau n’a connu les paysages et les sujets qu’il peignait que par les récits qui lui en étaient contés, y mêlant sa propre interprétation. L’œuvre du peintre propose ainsi plusieurs lectures. La chasse à l’ours qui se devine d’abord peut aussi s’avérer être une chasse à l’homme, traqué par les deux bêtes sauvages. Tel est pris qui croyait prendre ?
.
Le combat connaîtra à coup sûr deux gagnants : l’heureux acquéreur de l’œuvre, et le catalogue raisonné de l’artiste en préparation. L’œuvre est pour l’instant visible à l’étude Thierry-Lannon et Associés, à Brest.

.

Lien vers l’annonce de cette vente aux enchères

Haut de page

Vous aimerez aussi

Tout connaître sur les cuirs de Cordoue

Le 23 juillet 2021 | Mis à jour le 23 juillet 2021

Utilisé pour confectionner des tentures murales ou recouvrir des sièges, meubles ou paravents, le cuir doré ou cuir de Cordoue parait les plus belles demeures européennes jusqu’à la fin du […]

Takanori Oguiss, un peintre japonais à Paris

Le 21 juillet 2021 | Mis à jour le 21 juillet 2021

Sensible au charme pittoresque parisien, Takanori Oguiss s’est illustré à travers ses vues de la capitale où il s’établit durant l’entre-deux-guerres. Le 24 juillet à Vannes, Jack-Philippe Ruellan présentera aux […]

5 choses à savoir sur le designer danois Hans Wegner

Le 20 juillet 2021 | Mis à jour le 21 juillet 2021

Surnommé le Master of chairs, Hans J. Wegner est l’un des pères du design scandinave. Cet artisan-designer danois a révolutionné l’histoire du mobilier avec ses meubles modernes et élégants, alliant […]

Les œuvres d’art numérique à l’aune du droit

Le 15 juillet 2021 | Mis à jour le 15 juillet 2021

Si l’art numérique s’est développé dès les années 1960, c’est au cours des années 1990 que les artistes se sont véritablement emparés des nouvelles technologies informatiques pour créer. Aujourd’hui, les […]