Le 1 février 2017 | Mis à jour le 1 février 2017

Les trois coups de marteau de la semaine

par Interencheres

banniere-coupsmarteauRetour sur trois beaux résultats enregistrés les 28 et 29 janvier 2017 (les prix sont indiqués hors frais).

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28 000 euros pour un Laugé endormi dans une buanderie

C’est devant ce même paysage occitan que la vue de « Cailhau, Notre Dame des Près » d’Achille Laugé (1861-1944) a créé la surprise dimanche 29 janvier 2017 lors de la vente organisée par Ariège Enchères. Cette enchère « jubilatoire » pour Maître Frédéric Farbos est le résultat d’une découverte fortuite. « Je suis tombé sur la toile tout à fait par hasard, lors d’un inventaire avant déménagement, confie le commissaire-priseur. Le tableau se trouvait dans une buanderie au milieu de plusieurs gravures de peu de valeur. »

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Une belle histoire pour cette œuvre dont l’estimation basse de 8 000 euros a été pulvérisée en quelques coups de marteau. Les 4000 euros de mise à prix laissant l’instant suivant place, sur le Live, à une enchère de 12 000 euros avant d’atteindre les 28 0000 euros d’adjudication à la suite d’une bataille de téléphones acharnée. Ces rouges-orangés sortis directement du tube et travaillés en empâtements ont attiré les collectionneurs, qui se précipitent du monde entier sur les tableaux d’Achille Laugé dès qu’ils se présentent sur le marché. Bien que l’artiste soit apprécié surtout pour ses toiles pointillistes, ce paysage de 1931, qui présente une veine plus impressionniste caractéristique des dernières années du peintre, a su séduire par ses couleurs vives et chaleureuses et un travail riche porté sur la matière.

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33 000 pour 3 lots de l’atelier de Marolles : un record mondial !

touretokSamedi 28 janvier 2017, les regards se sont tournés vers trois meubles attribués à l’atelier de Marolles de Jean Touret (1916-2004). Sous le marteau de Maître Guillaume Cornet de la maison Valoir Pousse-Cornet, la table à manger, le buffet et l’enfilade se sont envolés un à un, pour totaliser une adjudication de 33 000 euros (27 000 euros pour l’enfilade, 3 500 euros pour le buffet et 2 500 euros pour la table).

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« C’est un record mondial pour des pièces de l’atelier de Marolles, un groupement d’artisans réunis près de Blois autour de Jean Touret, explique le commissaire-priseur. Nous ne nous attendions pas à un si beau score. Le sculpteur est reconnu notamment pour sa réalisation du maître autel de Notre Dame de Paris, mais il s’agit ici d’une réalisation attribuée à l’atelier du fait de l’absence d’estampille. » Fruit d’une commande pour un pavillon situé entre Blois et Orléans, c’est lors d’un inventaire que le commissaire-priseur découvre les meubles et reconnaît « avec extase » ce travail du bois à la gouge associé à un piétement en fer battu laqué noir, si caractéristique de l’artiste. « Lors de la vente, dix téléphones se sont battus chaque lot, les uns à la suite des autres. » Cet enthousiasme a pourtant failli ne jamais voir le jour… En effet, il a fallu que commissaire-priseur insiste pour pouvoir mettre les meubles aux enchères et ne pas les céder gracieusement au futur acquéreur du pavillon. C’est ainsi qu’un collectionneur parisien et des galeristes ont fait l’acquisition de ce travail typique de l’après-guerre, tout en sobriété et très à la mode aujourd’hui.

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Cinq préemptions de la BNF pour la vente Artaud

Au cours de la vente hommage à l’acteur, essayiste, poète, auteur de pièces de théâtre Antonin Artaud (1896-1948), samedi 28 janvier 2017 à l’hôtel des ventes de Compiègne, l’Etat s’est levé cinq fois. Il s’agit plus précisément du représentant des musées de France qui, à cinq reprises, a usé de son droit régalien de préemption pour acquérir ces lots pour le compte de la Bibliothèque nationale de France. La BNF, qui avait organisé une exposition des manuscrits d’Artaud en 2007, a acquis un ensemble de 49 lettres écrites par Artaud au psychiatre-directeur de l’asile où il était interné (49 000 euros), deux écrits sur les « Initiés », l’appellation qu’il utilisait pour désigner ses ennemis (14 500 euros à eux deux), une lettre destinée à sa mère Euphrasia (7 000 euros) et une « lettre-sort » assortie d’une brûlure de cigarette et de signes ésotériques adressée à Hitler (27 000 euros).
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Autre institution à s’être manifestée lors de cette vente : les archives de l’Aveyron, qui ont remporté deux lots datant de l’internement d’Artaud à l’asile de Rodez. Pour 3 500 euros, ils ont remporté une photographie d’Artaud datant de cette époque et un manuscrit de 16 pages écrit pendant ses années ruthénoises pour 26 000 euros.

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