Le 8 juin 2014 | Mis à jour le 13 juin 2014

Les tulipes précieuses, un bijou de verre signé Daum

par Interencheres

[Le lot du jour] La passion pour pour les tulipes n’aura jamais été assi délicate qu’avec ce vase de Daum proposé par l’Hôtel des ventes de Poitiers. D’une rare qualité, il saura combler les collectionneurs d’Art nouveau et amateurs de botanique. Ce bel objet de vitrine d’un travail rare et remarquable sera mis aux enchères le samedi 14 juin 2014.
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À la vue du vase, Maitres Bénédicte Boissinot et Pierre Ségeron ont de suite remarqué sa qualité. Pièce phare d’un ensemble plus modeste, celle-ci se trouvait dans la maison secondaire d’un collectionneur d’arts décoratifs de la région parisienne. Emmanuel Eyraud, qui a expertisé le vase, donne lui aussi un constat clair et net : « Une pièce de Daum avec autant de préciosité dans la finition est plutôt rare, celle-ci est une vraie pièce de musée. » L’’expert suppose une œuvre unique, « Mais il faut rester prudent. Un modèle ressortira peut-être un jour du fond d’un placard ! Néanmoins, le catalogue d’une exposition en 1903 au Musée de l’Union centrale des Arts décoratifs à Paris montre un modèle proche, mais moins éclatant, que le nôtre. »


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La richesse du vase tient beaucoup aux tulipes. La fleur, d’origine persane et symbole d’amour dans Les Mille et une nuits, est un motif intéressant dans l’histoire des arts décoratifs. Elle éclot lorsque l’Art nouveau commence à se géométriser davantage. En 1905, date supposée du vase, l’Ecole de Nancy a déjà une dizaine d’années. Les tiges ici ne sont plus des lignes fouettées et les tulipes gardent un aspect très naturaliste, comme moulées à même le vase.
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Ce vase multicouche a vu sa première épaisseur dégagée à l’acide pour laisser apparaître un vert plus opalescent, qui s’estompe de l’émeraude à l’anis, comme dans la cage d’escalier du célèbre Hôtel Tassel à Bruxelles. La surface, reprise à la ciselure et martelée en nids d’abeille, fait ressortir avec force les tulipes, à la manière d’une sculpture en bas-relief. Les plaques de verre coloré qui forment les fleurs ont été appliquées à chaud sur une mince feuille d’or, puis gravées à la roue. La forme fuselée du verre met en valeur le décor qui s’y insert parfaitement. Les trois tulipes de ce véritable herbier de verre sont chacune différentes. De couleur rouge, caramel, et tigrée blanc-violet, les botanistes aguerris pourront les identifier parmi les espèces aux noms oniriques des tulipes triomphe, Vice-roi ou encore Rembrandt…
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L’Hôtel des ventes de Poitiers avait déjà proposé aux enchères un imposant lustre de Majorelle avec des vasques de Daum. Estimé 12 000 euros, il avait finalement trouvé preneur à 21 000 euros. « Avec ce vase d’une trentaine de centimètres, nous ne sommes plus dans l’esprit de la décoration, mais celui de la collection », termine Emmanuel Eyraud. Sans héritier, le propriétaire a choisi La Fondation pour la recherche médicale (FRM) comme légataire. Le montant d’adjudication, estimé entre 8 000 et 12 000 euros, leur sera intégralement reversé.

Lien vers l’annonce de vente du lot

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