Le 7 octobre 2013 | Mis à jour le 7 octobre 2013

Les vibrations cinétiques de Soto

par Magazine des enchères

[Le lot du jour] Au début des années 1960, Paris ne concentre plus toute l’actualité artistique française. Une galerie nantaise réussit l’exploit d’attirer à elle de grands noms de l’art contemporain, à l’image de Victor Vasarely. Dirigée par un chirurgien-collectionneur, le docteur Jean Audouin, et une amatrice d’art contemporain, Jeanne Charles Bourgeat, la galerie Argos ne se cantonne pas au simple travail de vente mais effectue un véritable travail d’animation et de médiation autour de la création actuelle.

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En 1963, le Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) est invité à investir les cimaises de la galerie pour une exposition collective. Parmi les jeunes artistes conviés, le vénézuélien Jesús Rafael Soto (1923-2005) fait le voyage depuis Paris avec dans ses valises une étrange boîte de plus d’un mètre de haut par 62 centimètres de large.

Sur le fond de cette grande caisse rectangulaire sont dessinés de fines lignes horizontales. Devant elles, suspendues par des fils en nylon, quatorze baguettes en métal noir et bleu peint présentent toutes une inclinaison différente. « Il suffit que le spectateur, placé devant cette composition, se déplace même très légèrement pour qu’il ait l’impression que l’œuvre se mette à bouger », explique Maître Matthieu Semont, qui mettra cette création en vente le samedi 12 octobre 2013 à l’orangerie du château de la Fontaine à Olivet.

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La boîte fut achetée juste après l’exposition de 1963 par un collectionneur nantais habitué d’Argos. Elle sera révélée au public pour la première fois depuis cinquante ans aux côté d’une quarantaine d’œuvres abstraites provenant de la même collection (réalisées notamment par Georges Mathieu, Joseph Sima, Gilbert Michaud…) et acquises également à la galerie. « Nous proposerons pour ce lot une attestation de l’artiste au cachet de la galerie en date du 21 avril 1964 et un certificat du comité Soto en date du 13 juin 2013 », précise le commissaire-priseur.

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Ce mobile s’avère être l’une des toutes premières expérimentations de la série des « Vibraciones », qui participa largement au succès de Soto. Autant de vibrations qui s’inscrivent dans la recherche artistique de l’époque autour de l’art cinétique, récemment mis à l’honneur à l’occasion de l’exposition Dynamo (du 10 avril au 22 juillet 2013, Grand Palais, Paris), où plusieurs éditions de l’artiste étaient d’ailleurs exposées.

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« Sur le marché de l’art, Soto s’avère plutôt représenté par ses multiples, remarque Maître Semont. Là, nous présentons une réalisation unique pour une estimation de 100 000 à 150 000 euros. Par ailleurs, nous savons que chaque artiste participant à l’exposition nantaise de 1963 devait présenter deux créations. Or, nous n’avons pour l’instant aucune idée du sort de la seconde œuvre apportée par Soto », s’exclame le commissaire-priseur, avant de lancer un appel à tous ceux qui auraient des indices sur cette autre création inédite !

Lien vers l’annonce de vente

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