Le 19 février 2015 | Mis à jour le 20 février 2015

Passer l’hiver avec saint Coqueluchon

par Interencheres

[Lot du jour] Avis à tous les hypocondriaques de cet hiver persistant : cette exceptionnelle statue en terre cuite de saint Étienne est réputée pour sa guérison des maux de gorge. Elle sera mise aux enchères par Me Xavier de la Perraudière à Angers le mercredi 25 février 2015 et sur le live d’Interencheres.
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Cette sculpture du XVIIe siècle en terre blonde provient de l’abbaye de Cizay-la-Madeleine, un édifice en main privée près de Saumur dont elle ornait le retable. Bien qu’appartenant à un particulier, elle a été classée monument historique.
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Elle a été réalisée vers 1650 par le sculpteur Pierre Biardeau (1608-1671), un artiste appartenant à un courant de sculpture de la région du Mans, appelé « École du Maine ». Les trois plus grandes dynasties de sculpteurs de ce mouvement – la Famille Delabarre, Hoyau et Biardeau – ont marqué de leur emprunte artistique les nombreux retables de la région. Authentifié grâce aux archives de l’abbaye, notre saint Étienne se fait ainsi l’écho des caractéristiques de ce mouvement de la contre-réforme : une stature démonstrative de style baroque, à taille humaine (1,55m pour notre œuvre), et vêtue d’un lourd vêtement.
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Le drapé imposant de cette statue a d’ailleurs prêté à confusion lors de l’identification du personnage. « Nous hésitions entre saint Étienne, fondateur de l’Ordre de Grandmont qui avait fait construire l’abbaye, et saint Étienne, premier martyr de la chrétienté, confie Maître de la Perraudière. Mais ses mains jointes et l’expression d’extase de son visage tourné vers le ciel ont confirmé l’identité du martyr, faussement accusé de blasphème et lapidé ». Outre les maux de gorge, saint Étienne est également réputé pour soigner les coqueluches enfantines, d’où le surnom donné par les fidèles de la région du Mans : « saint Coqueluchon ».
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Mise actuellement en dépôt au musée de Tessé du Mans suite à une exposition dans la région, la sculpture est estimée entre 30 000 et 40 000 euros. « Saint Étienne est susceptible d’intéresser les amateurs du XVIIe siècle, de la grande décoration, de terre cuite, ou les amateurs locaux qui souhaiteraient le voir demeurer dans la région. Mais il est également en mesure d’attirer les faveurs d’institutions muséales, explique le commissaire-priseur. En effet, une Vierge à l’Enfant attribuée à Pierre Biardeau est déjà conservée au Metropolitan Museum de New-York ».
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Outre saint Coqueluchon, la vente proposera également un dessin préparatoire d’Anne-Louis Girodet (1767-1825) réalisé au crayon noir. Estimé de 20 000 à 25 000 euros, il s’agit d’une des premières études pour Le Déluge, œuvre monumentale conservée aujourd’hui au musée du Louvre.

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Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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