Le 17 octobre 2016 | Mis à jour le 20 octobre 2016

Quand la peinture sort de la toile

par Interencheres

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Une vente aux enchères hommage à Joël Froment (1938), artiste français adepte de l’art concret, est organisée lundi 24 octobre 2016 à Paris par Maîtres Crait et Müller. L’occasion d’acquérir une œuvre de cet artiste reconnu, grand prix de Rome exposé au Louvre et dans les musées américains, argentins et brésiliens.

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[Vente à venir] A l’occasion de la Fiac, tous les acteurs du marché de l’art célèbrent la création contemporaine. Après les galeristes, réunis au Grand Palais du 20 au 23 octobre 2016, les commissaires-priseurs se mettent également au diapason de la Foire en organisant des ventes d’art contemporain. Lundi 24 octobre, Maîtres Guillaume Crait et Thomas Müller disperseront à Paris près de 300 lots du Français Joël Froment (1938), adepte de l’art concret. « Les estimations s’étalent de 100 et 800 euros. C’est l’occasion pour les jeunes collectionneurs ou les amateurs d’art contemporain d’acquérir une œuvre de cet artiste reconnu, exposé dans d’importantes galeries internationales et dans des musées tels que le Louvre et ceux de La Plata (Argentine), de Dallas aux Etats-Unis, et de Sobra au Brésil », détaille Maître Müller.

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A travers cette vacation hommage, toutes les périodes artistiques de Froment seront représentées. Après l’abstraction lyrique, l’ancien élève des Beaux-Arts de Paris et grand prix de Rome en 1968 s’est en effet tourné vers une abstraction plus géométrique, voire minimaliste. En 1975, sa rencontre avec Jean Legros (1917-1981) lui fait « découvrir l’univers de la couleur (…). De la couleur affective je passais à une couleur chargée d’une capacité d’expression en soi », comme il le confiera lui-même. Au contact de cet artiste proche de l’abstraction géométrique (récemment mis à l’honneur à l’occasion d’une vente aux enchères parisienne en avril 2016), Froment emploie des couleurs vives, énergétiques. Sa palette se réduit à peu de teintes, mais toujours associées dans des jeux de questions-réponses chromatiques.

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Proche du mouvement Madi – lancé en 1946 en Argentine et diffusé dans le monde entier, prônant un art libéré de ses carcans, ludique et inventif –, Joël Froment souhaite sortir la peinture de la toile. «  Nous sommes dans les années 90. C’est à cette époque que je rencontre le mouvement Madi. Il y est question (…) de la sortie de la fenêtre-rectangle, habituel support de la peinture (…). A quoi servait ce fond ? Ce n’était qu’un écran qui portait les formes. Elles semblaient vouloir s’en libérer. Je l’ai donc supprimé », détaille l’artiste. « Froment ne se limite donc plus au support de la toile. Son œuvre va sortir de ce canevas. Les cubes qui semblaient se promener sur la toile sortent progressivement du cadre », ajoute Maître Müller en comparant les lots 100 et 93 (représentés ci-dessus).

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Son abandon de la toile s’accompagne également d’une recherche sur le relief : « Parallèlement à la peinture, j’ai toujours pratiqué la sculpture. C’est une autre façon d’explorer la forme dans la réalité de l’espace. Ces deux aspects qui m’habitent, l’un plus conceptuel et l’autre plus physique, devaient naturellement se rejoindre dans mon travail. » Le commissaire-priseur tient à illustrer cette tendance dans la vente : « Froment réussit à faire évoluer une peinture en deux dimensions vers une œuvre en trois dimensions. Le relief est donné par des assemblages de panneaux de bois, comme pour les lots 79 et 91 de la vente (voir ci-dessus), les bandes peintes prennent ensuite la forme de baguettes de bois ».

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Son travail sur les couleurs, les surfaces et les lignes géométriques, sa volonté d’emmener l’œuvre « à l’articulation de la sculpture et de la peinture » le rapprochent du mouvement de l’Art concret, emmené par l’Américain Gottfried Honegger (1917-2016) et la Française Aurélie Nemours (1910-2005). Dans les ventes publiques, ces deux artistes enregistrent aujourd’hui des adjudications supérieures à la barre des 30 000 euros.

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

 

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