Le 21 janvier 2014 | Mis à jour le 21 janvier 2014

Un masque mi-femme, mi-bête

par Interencheres

[Lot du jour] Mi-femme, mi-bête, ce masque anthropozoomorphe remarquable par sa grande taille (61 centimètres de haut), présente en partie basse une figure noire surmontée de deux cornes, symboles de virilité et de puissance. En partie haute un personnage féminin s’accroche de ses deux mains à sa ramure ; bouche ouverte, dents en avant, il fait preuve d’une certaine férocité. Les scarifications sur son visage sont caractéristiques de la production de masques Gouro.

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L’art de cette tribu de Côte d’Ivoire fait preuve d’une certaine élégance avec des figures très allongées ainsi qu’une intense polychromie sur bois, ne répondant à aucun code couleur mais simplement à l’imagination de l’artiste… Ici, le noir et le rouge-orangé forment un beau contraste et manifestent la distinction entre humanité et animalité. Picasso s’en est par ailleurs beaucoup inspiré, il concède à l’art de Côte d’Ivoire un grand pouvoir expressif et une transcendance qu’il ne réussissait guère à trouver dans l’art occidental.

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Ce grand masque anthropozoomorphe de Côte d’Ivoire produit par la tribu des Gouro fait partie de l’importante vente organisée par Maîtres Laurent Hara et Alain Castor à Bagnolet les 26 et 27 janvier 2014. L’œuvre estimée aujourd’hui entre 2 800 et 3 200 euros fait partie d’un ensemble d’objets collectés entre 1930 et 1934 par Hans Himmelheber (collectionneur allemand). Cet amateur d’art premier a par ailleurs interviewé des artistes de Côte d’Ivoire en 1935 afin de faire évoluer les connaissances sur la psychologie de la production plastique noire. 

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Après la collection de Hans Himmelheber, le masque rejoint celle d’un collectionneur français passionné d’art africain et précolombien depuis les années 1980 : Vladimir Sisman, dernier acquéreur à ce jour. « Il s’intéresse à cet art non seulement pour l’objet mais surtout pour ce qu’il représente sur le plan culturel, ethnique, philosophique et humain », précise Serge Reynes, expert de la vente. Vladimir Sisman décide aujourd’hui de se séparer de sa collection composée notamment d’un siège tripode, de deux masques de danse, d’une canne de chef, d’une arbalète et de bien d’autres lots estimés entre 300 à 12 000 euros.

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Lien vers l’annonce de vente

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