Le 3 décembre 2013 | Mis à jour le 6 décembre 2013

Une boîte à musique aux grands airs

par Interencheres

[Le lot du jour] A l’intérieur de ce coffret rectangulaire en palissandre verni de plus d’un mètre de long (108 par 40,5 cm), certains des plus grands trésors de la musique classique sont renfermés. Chopin, Beethoven, Schuman, voilà de quoi ravir l’ouïe des passionnés en ouvrant le couvercle de cette grande boîte à musique à quatre cylindres interchangeables mise aux enchères de la Galerie de Chartres, le dimanche 8 décembre 2013.  

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Les grands airs rarement joués par ces écrins mécaniques se remontent par levier, grâce à un barillet contenant un ressort placé de façon perpendiculaire au cylindre. Le mouvement mécanique ainsi mis en place actionne les tubes en laiton garnis de 143 lames d’acier au total permettant l’accord. Ce modèle de type cartel, auparavant utilisé dans les socles de pendules du même nom, présente une grande qualité musicale. La vertu de cette châsse mélodique tient également à la présence de plusieurs sigles « Brémond » sur le dispositif de réglage, une société installée à Genève au XIXe siècle comptant parmi les plus prestigieux fabricants d’instruments mécaniques. Après avoir appartenu dans les années 1930 à un homme d’église, l’abbé Gaëtan Chantrenne, cette boîte Brémond estimée par la Galerie de Chartres entre 3 000 et 5 000 euros, fut rachetée par un collectionneur discret : Philippe Rouillé, un passionné de musique.

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« Nous pensions trouver à son domicile quelques boîtes et documents. Or, nous avons été extrêmement surpris avec Maître Jean-Pierre Lelièvre par l’étendue de cet ensemble exceptionnel », explique Denis Lambotte, expert de la vacation. Ce sont en effet plus de 200 lots au total que le collectionneur cède pour le plus grand bonheur des collectionneurs du monde entier. Spécialiste de musique mécanique, Rouillé fut l’expert officiel pour la Galerie de Chartres et le président des Amis des Instruments et de la Musique Mécanique (A.A.I.M.M). Il a sillonné le monde de 1978 à 2013 pour constituer cette collection. L’homme, bien plus passionné par l’aspect mécanique qu’artistique de ces boîtes à mouvement, réunit de nombreuses pièces rares dans leurs configurations techniques. Plusieurs mouvements dits « primitifs », systèmes mécaniques datés des années 1800-1830 seront ainsi présentés à la vente. Des pièces recherchées, à l’image d’un clavier en zigzag composé d’un cylindre jouant sur cents lames estimé de 1 500 à 2 000 euros, permettant d’évaluer l’évolution du genre.

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Dans un autre registre, une commode datant de la fin du XVIII siècle de style autrichien, renferme une pendule ainsi qu’un orgue mécanique de la même époque. Ce meuble en bois sculpté, dont le coffre renferme 24 tuyaux en étain jouant 13 mélodies différentes, est estimé entre 6 000 et 8 000 euros. Pour de plus petits prix encore, notons la présence d’objets insolites : une cave à cigare à ouverture de portes musicale, de nombreuses tabatières, un album de photos mélodique, divers phonographes et même l’ancêtre du vinyle avec ses disques de cartons perforés. Des accessoires musicaux singuliers estimés à moins de 400 euros en moyenne.

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Une vente idéale à l’approche des fêtes de fin d’année dont le bénéfice reviendra, selon les vœux du collectionneur dévoué, au profit des Petits Frères des Pauvres, une association accompagnant la solitude des personnes âgées.

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Lien vers l’annonce de vente

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