Le 24 juin 2014 | Mis à jour le 4 juillet 2014

Une bonbonnière à deux visages

par Interencheres

[Le Lot du jour] Les bonbonnières Art déco sont souvent surmontées d’un seul visage que Maître Nicolas Constanty estime généralement aux alentours de 200 euros. Celle retrouvée chez une famille de fins porcelainiers frappa le commissaire-priseur : « c’est une pièce rare car elle est biface », affirme-t-il. Derrière un premier visage se cache en effet un autre faciès, tous deux caractéristiques des représentations artistiques de la femme dans les années 1930 : des yeux en amande, un nez allongé, la bouche en cœur et une coiffe bleue typique des élégantes parisiennes. Ce modèle fut inspiré par les créations de Robj au style facilement reconnaissable grâce à ces formes colorées proche du cubisme et souvent anthropomorphes. Ces œuvres sont réalisées par de grands centres de céramiques : la manufacture de Sèvres, Villeroy et Boch au Luxembourg et quelques fabriques à Limoges.

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Maître Nicolas Constanty proposera aux enchères cette bonbonnière le samedi 28 juin 2014 à Limoges, capitale des arts du feu et sur le Live d’Interencheres. La découverte en 1765 du kaolin, roche très blanche, à 40 kilomètres au sud de Limoges, lance l’industrie de la porcelaine. L’or blanc cuit à grand feu permet de durcir la pâte et d’obtenir une céramique plus fine et translucide, preuve d’une qualité irréprochable. Malgré son retard face à la Chine, qui perfectionna cet art de la table au XIIe siècle, Limoges voit naître plusieurs manufactures au XIXe siècle. La maison Lanternier, qui fabriqua notre bonbonnière, s’installe à Limoges en 1857. C’est dans les années 30 que cette manufacture crée notre modèle au moment de l’exposition coloniale de 1931.

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Estimée de 400 à 500 euros, cette porcelaine peut bien évidemment susciter l’intérêt des Limougeauds, mais aussi des Américains. L’Amérique et la porcelaine ont des liens historiques : au XIXe siècle une famille américaine du nom de Haviland avait beaucoup investi dans cette ville française où elle monte sa propre manufacture en 1842. Il n’est pas dit que cette bonbonnière Art déco restera en France…
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Lien vers l’annonce de cette vente aux enchères

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