Onze enchères millionnaires, des acquisitions de la part d’institutions prestigieuses, des records mondiaux, dont la plus haute enchère de l’année en France enregistrée à Senlis avec un panneau de Cimabue : les plus beaux coups de marteau réalisés en 2019 par les commissaires-priseurs annonceurs sur Interencheres rappellent avec force que le marché de l’art français doit son dynamisme au maillage territorial densifié des maisons de ventes qui, par leur travail de proximité, révèlent au monde des chefs-d’oeuvre perdus depuis des siècles.
1. Record mondial pour un panneau de Cimabue adjugé à 24,18 millions d’euros
Le 27 octobre à Senlis, le groupe Actéon enregistrait la plus haute enchère de l’année en France avec ce panneau de Cimabue (connu de 1272 à 1302) adjugé à 24,18 millions d’euros. Ce tableau avait refait surface dans une collection privée près de Compiègne, échappant de peu à la déchetterie. Il devient le tableau primitif le plus cher vendu aux enchères.
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2. Un panneau du Maître de Vissy Brod adjugé à 6,2 millions d’euros au Metropolitan Museum
Découverte dans une maison dijonnaise, cette peinture primitive exceptionnelle s’est envolée à 6,2 millions d’euros le 30 novembre sous le marteau d’Hugues Cortot. Attribuée au Maître de Vissy Brod, un peintre anonyme de la Bohème médiévale actif autour de 1350, elle était estimée autour de 400 000 euros et a été acquise par le Metropolitan Museum de New York.
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3. Une toile de Chu Teh-Chun adjugée à 5,655 millions d’euros
Le 4 juin à Toulouse, cette toile du maître chinois Chu Teh-Chun (1920-2014), dont la cote ne cesse de progresser ces dernières années, s’est envolée à 5,655 millions d’euros, sous le marteau de Valérie et Jean-Louis Vedovato. Datée de 1989 et dévoilant une Synthèse hivernale, elle avait été achetée en 1989 par un collectionneur d’art contemporain directement auprès de l’artiste pour 50 000 francs (soit environ 12 000 euros).

4. Un buste attribué à Bordoni adjugé à 3,048 millions d’euros
Mis à prix à 500 000 euros, ce buste attribué à Francesco Bordini (1580-1654) s’est envolé à plus de 3 millions d’euros, lors d’une vente organisée par la maison De Baecque & Associés le 20 novembre à Paris. Réalisé autour de 1630-1640, ce bronze représentait le seigneur Pontchartrain Paul Phélypeaux, un ministre d’Henri IV, et aurait été commandé par la veuve de Phélypeaux après son décès en 1621 pour orner son monument funéraire à Saint-Germain-l’Auxerrois.
En savoir plus | Un buste de Bordoni adjugé à 3 millions d’€

5. Un vase chinois d’époque Yongzheng adjugé à 2,34 millions d’euros
Estimé autour de 250 000 euros, ce rare vase chinois d’époque Yongzheng s’est envolé à plus de deux millions d’euros le 17 octobre sous le marteau de Gérard Dufrêche à Besançon. Daté du XVIIIe siècle, il a été acheté en salle par un enchérisseur chinois à l’issue d’une bataille acharnée de 28 minutes.
En savoir plus | Un vase chinois adjugé à plus de 2 millions d’€ à Besançon

6. Record mondial pour une Vierge à l’Enfant de Bernardino Luini adjugée à 2,3 millions d’euros
Alors qu’au musée du Louvre, l’exposition consacrée à Léonard de Vinci battait son plein, cette huile sur panneau de Bernardino Luini (vers 1481-1532), l’un de ses plus brillants élèves et assistants à qui plusieurs experts ont attribué le Salvator Mundi, a été adjugée à 2,3 millions d’euros le 14 novembre par la maison Aguttes à Paris. Acquise par un collectionneur non européen, elle constitue l’une des productions majeures du peintre de l’école lombarde du XVIe siècle.
En savoir plus | Un tableau de Bernardino Luini, disciple de Léonard de Vinci, adjugé à 2,3 millions d’€ à Paris

7. Une boîte chinoise du XVe siècle adjugée à 2,06 millions d’euros
Cette boîte en laque rouge de la Chine du début du XVe siècle a pulvérisé son estimation (150 000 – 200 000 euros) pour s’envoler à 2 060 800 euros lors d’une vente organisée par la maison Oger et Blanchet. Ornée de motifs végétaux sur son couvercle, elle dévoilait à l’intérieur un poème de Qianlong rapporté postérieurement.

8. Une esquisse de Rubens adjugée à 1,625 million d’euros
Figurant sainte Marguerite, cette huile sur panneau inédite de Pierre Paul Rubens (1577-1640) s’est envolée à 1,625 million d’euros lors d’une vente organisée par la maison Mercier le 31 mars à Lille. Acquise par un collectionneur belge, elle serait une esquisse préparatoire à une peinture que le maître baroque flamand réalisa en 1620-1621 pour la prestigieuse église des Jésuites d’Anvers.
En savoir plus | Un Rubens vendu 1,6 million d’euros aux enchères à Lille

9. Une pendule chinoise du XIXe siècle adjugée à 1,561 million d’euros
A l’occasion de la semaine dédiée aux ventes d’arts d’Asie, la maison Gros & Delettrez a enregistré une enchère millionnaire pour cette pendule musicale du XIXe siècle. Adjugée à 1,5 million d’euros, elle témoigne de la mode des horloges introduite dès le XVIIe siècle en Chine par des missionnaires européens.
En savoir plus | Une pendule chinoise adjugée à 1,5 million d’€ à Paris

10. Un bronze de Rembrandt Bugatti adjugé à 1,364 million d’euros
Lors de leur 31e vente annuelle organisée au Château d’Artigny à Montbazon, Aymeric et Philippe Rouillac ont enregistré une enchère millionnaire pour ce rare bronze de Rembrandt Bugatti (1884-1905). Datée de 1905, elle correspond à l’époque durant laquelle le sculpteur vint observer les mammifères à la Ménagerie du Jardin des Plantes. Achetée en 1905 par le collectionneur André Bernheim (1879-1966) auprès du célèbre fondeur Hébrard, elle n’était jusqu’alors jamais sortie de la collection familiale.
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11. Un dessin d’Ingres adjugé à 1,089 million d’euros
Retrouvé dans le sous-sol d’une maison en Seine-Maritime, ce dessin, signé Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) et estimé entre 200 000 et 300 000 euros, s’est envolé à plus d’un million d’euros sous le marteau de Maître Bruno Roquigny le 1er janvier à Saint-Valery-en-Caux. Il est le deuxième portrait dessiné de l’artiste le plus cher vendu aux enchères.
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12. Un cabinet attribué à Pierre Gole adjugé à 995 400 euros
Daté autour de 1675-1680, ce cabinet en marqueterie d’écaille attribué à Pierre Gole (1620-1684) a été adjugé à près d’un million d’euros par la maison Pescheteau-Badin le 27 mars à Paris. Ce maître menuisier et ébéniste fournit de riches particuliers et reçut le titre d’ébéniste du Roi Louis XIV en 1651.

13. Une toile de Chu Teh-Chun adjugée à 829 400 euros
Le 21 juin à Paris, sous le marteau de Patricia Casini-Vitalis, cette toile de Chu Teh-Chun (1920-2014) s’est envolée à 829 400 euros, soit huit fois son estimation basse, à l’issue d’une rude bataille d’enchères de dix minutes.

14. Un manuscrit autographe de Charlotte Brontë adjugé à 780 000 euros
Lors de la vente des collections Aristophil organisée le 18 novembre à Paris, ce rare manuscrit autographe de Charlotte Brontë (1816-1855) a été acquis pour 780 000 euros par le musée Brontë. Cet ouvrage miniature de vingt pages avait été écrit par l’auteur de Jane Eyre alors qu’elle n’était âgée que de quatorze ans.

15. Une toile de Foujita adjugée à 765 600 euros
Le 21 novembre à Paris, cette Jeune fille au chat de Léonard Foujita (1886-1968) a trouvé preneur à plus de 760 000 euros lors d’une vente organisée par la maison Rossini. Datée de 1956, elle fut exposée à la Galerie Pétridès.

16. Une toile de Michael Sweerts adjugée à 663 520 euros
Le 15 novembre à Paris, Fabien Mirabaud et Claudia Mercier ont adjugé à plus de 660 000 euros cette toile du peintre flamand Michael Sweerts (1618-1664), estimée entre 400 000 et 600 000 euros. Figurant Le Toucher, elle avait disparu depuis un demi-siècle et complétait une série de toiles illustrant les cinq sens.
En savoir plus | Des peintures flamandes du XVIIe siècle pulvérisent leurs estimations

17. Un rare exemplaire du Gargantua et du Pantagruel de Rabelais adjugé à 593 390 euros
Estimé entre 60 000 et 80 000 euros, ce rare ouvrage de François Rabelais (1483/94-1553) a été adjugé à près de 600 000 euros, lors de la 31e vente annuelle organisée par la maison Rouillac au Château d’Artigny à Montbazon. Mesurant seulement onze centimètres et daté de 1542, il dévoilait deux textes majeurs de l’écrivain humaniste de la Renaissance : Pantagruel et Gargantua. Ce petit livre de poche en lettres gothiques du XVIe siècle appartenait à la même famille depuis des générations et avait été découvert par Aymeric et Philippe Rouillac lors d’une banale demande d’estimation gratuite.

18. Une nature morte de Louyse Moillon adjugée à 588 800 euros
Lors d’une vente dédiée à la peinture ancienne le 24 juin à Paris, la maison Ader a adjugé à plus de 580 000 euros cette huile inédite de Louyse Moillon (1610-1696), estimée entre 200 000 et 300 000 euros. Peinte sur panneau de chêne parqueté, elle dévoilait une nature morte, sujet phare de cette rare artiste femme connue du XVIIe siècle.

19. Un Saint Sébastien de Mattia Preti adjugé à 559 360 euros à la Fondation Bemberg de Toulouse
Le 27 avril à Carcassonne, ce tableau de dévotion privée représentant Saint Sébastien a pulvérisé son estimation, fixée entre 80 000 et 120 000 euros, pour s’envoler à 559 360 euros, à l’issue d’une bataille acharnée entre sept enchérisseurs, originaires des Etats-Unis, de Belgique, d’Angleterre, d’Italie et de France. De qualité muséale, cette toile signée Mattia Preti (1613-1699), l’un des suiveurs du Caravage, provenait d’une collection particulière de la région du Languedoc. Elle a été achetée, en salle, par la Fondation Bemberg de Toulouse.
En savoir plus | Un Saint Sébastien de Mattia Preti acquis par la Fondation Bemberg à plus de 550 000 €

20. Record mondial pour une toile d’Ahmed Cherkaoui adjugée à 550 000 euros
Estimée autour de 20 000 euros, cette toile d’Ahmed Cherkaoui (1934-1967) s’est envolée à 550 000 euros lors d’une vente organisée par la maison Conan le 6 avril à Lyon, enregistrant un nouveau record pour l’artiste marocain.

Tous les prix sont indiqués frais compris.